Finance
RDC : Les recettes pétrolières en hausse de 1.700 %

La réforme de la dépense fiscale pétrolière engagée par le Gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) commence à produire des effets tangibles sur les finances publiques.
Selon les données officielles, les recettes pétrolières ont enregistré une progression spectaculaire de plus de 1.700 % à la suite de la mise en œuvre d’un ensemble de mesures coordonnées visant à rationaliser les charges supportées par le Trésor public et à renforcer la mobilisation des recettes.
Cette réforme est intervenue dans un contexte marqué par une forte dérive de la dépense fiscale pétrolière. Celle-ci avait atteint 1,6 milliard de dollars américains en 2022, avant de se situer à 1,1 milliard USD en 2023, soit en moyenne près de 15 % des recettes courantes de l’État sur ces deux exercices.
Face aux risques que cette situation faisait peser sur l’équilibre budgétaire, les autorités ont décidé, dès 2024, d’engager une refonte profonde du dispositif.
Le socle juridique de la réforme repose sur l’article 22 de la Loi de finances pour l’exercice 2025. Ce cadre a conduit à la signature, le 2 mai 2025, d’un arrêté interministériel associant les ministères de l’Économie nationale, des Finances et des Hydrocarbures.
Le texte porte sur la taxation des carburants terrestres et d’aviation consommés par les sociétés minières et leurs sous-traitants, actant leur exclusion totale du mécanisme de subvention pétrolière jusque-là supporté par l’État.
La mise en œuvre effective de ces dispositions est intervenue à la fin du mois de juillet 2025. Elle a été accompagnée de mesures complémentaires, notamment la suspension des exonérations et des paiements échelonnés à l’importation des produits pétroliers décidée par le ministère des Finances, ainsi que le renforcement des opérations de contrôle sur le terrain.
Les chiffres communiqués par la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA) démontrent l’ampleur de l’impact de la réforme. Entre janvier et juillet 2025, période précédant son entrée en vigueur, les recettes pétrolières s’élevaient en moyenne à 4,4 milliards de francs congolais (CDF) par mois. Après la réforme, de août à décembre 2025, cette moyenne mensuelle a bondi à plus de 78,5 milliards de francs congolais (CDF).
Parallèlement, l’intensification des opérations de marquage moléculaire des produits pétroliers et les missions de contrôle menées par la Brigade de lutte contre la fraude et la contrebande pétrolière, sous l’autorité du ministère des Hydrocarbures, ont contribué à réduire les pratiques frauduleuses et à sécuriser les recettes.
Grâce à cette dynamique, la DGDA a mobilisé 6.848 milliards de CDF à fin décembre 2025, dépassant ainsi les prévisions du Plan de trésorerie de l’État (PTR) qui tablait sur 6 280 milliards de CDF. Le taux de réalisation s’établit à 109 %, traduisant une amélioration notable des performances de l’administration douanière.
Pour les autorités, ce bilan met en évidence l’efficacité d’une action publique concertée et coordonnée entre les différentes institutions concernées. Il souligne également l’importance de la rigueur budgétaire, de la rationalisation des dépenses fiscales et du renforcement des mécanismes de contrôle dans un contexte de recherche de soutenabilité des finances publiques.
À moyen terme, le Gouvernement entend capitaliser sur ces résultats pour consolider les réformes engagées et élargir l’assiette des recettes, tout en veillant à préserver l’équilibre entre attractivité économique et mobilisation des ressources domestiques.
Mitterrand MASAMUNA





















