Connect with us

Finance

RDC : l’IGF mise sur la révolution numérique pour moderniser la gouvernance financière

Published

on

L’Inspection générale des finances (IGF) entend franchir un cap décisif dans la modernisation du contrôle des finances publiques en République démocratique du Congo.

Intervenant ce mardi 9 juin 2026 au séminaire de renforcement des capacités des partenaires de l’IGF « médias et société civile » pour l’appropriation de son plan stratégique triennal 2026-2028, l’Inspecteur général des finances, chef de service, a abordé le thème« Bien-fondé de l’approche systémique et du plan stratégique triennal de l’IGF : enjeux et perspectives d’avenir ».

Ce dernier a exposé les fondements d’une réforme qu’il présente comme incontournables pour adapter l’institution aux exigences contemporaines de gouvernance.

Au cœur de cette transformation figure la digitalisation des mécanismes de contrôle.

Selon lui, la maîtrise des technologies numériques est désormais une condition essentielle à l’efficacité des missions de surveillance des finances publiques.

Face à l’évolution rapide des systèmes d’information et à la complexification des flux financiers, l’IGF ambitionne de se doter d’outils technologiques performants capables de centraliser, traiter et analyser en temps réel les données provenant des différentes administrations publiques.

« L’objectif principal est de parvenir à un accès permanent et en temps réel aux données », a-t-il expliqué, soulignant que cette évolution permettra aux inspecteurs de suivre simultanément les opérations financières réalisées à travers le pays sans être limités à des contrôles ponctuels sur le terrain.

Une approche globale du contrôle

Le responsable de l’IGF a insisté sur la nécessité d’adopter une approche systémique du contrôle, fondée sur l’analyse intégrée de tous les mécanismes qui composent l’appareil étatique. Cette méthode vise à comprendre les interactions entre les différents acteurs et systèmes afin de mieux détecter les risques et prévenir les irrégularités.

Contrairement à certaines perceptions, le contrôle systémique ne remplacera ni les méthodes actuelles de contrôle ni la patrouille financière. Il s’agit plutôt d’un cadre global destiné à renforcer l’ensemble des dispositifs existants grâce à l’exploitation massive des données, à la surveillance intelligente des opérations financières et à l’analyse automatisée des risques.

« Le contrôle systémique n’est ni un événement ni une méthode personnelle. Il constitue une approche globale permettant d’intégrer toutes les formes de contrôle déjà pratiquées par l’Inspection générale des finances. », a-t-il précisé.

Préserver les ressources et le patrimoine de l’État

La réforme s’articule également autour de la protection du patrimoine public et des ressources de l’État.

L’Inspecteur général a regretté les nombreuses défaillances observées dans le suivi et l’entretien des investissements publics, citant notamment les infrastructures routières dont certaines se détériorent rapidement faute de maintenance ou à cause d’irrégularités dans leur exécution.

Pour lui, la sécurisation des recettes publiques demeure un enjeu majeur. Chaque perte de revenus représente un manque à gagner pour les politiques publiques et le bien-être de la population. Il a également plaidé pour une meilleure gestion des ressources naturelles du pays, notamment les richesses minières, forestières et environnementales, qui devront être identifiées, recensées et cartographiées dans le cadre du nouveau dispositif.

Des entités publiques connectées et suivies en temps réel

Le plan stratégique triennal de l’IGF prévoit par ailleurs la digitalisation progressive des entreprises publiques, des établissements publics, des administrations centrales ainsi que des provinces et des entités territoriales décentralisées.

L’ambition est de créer un écosystème numérique permettant un suivi permanent des opérations et une meilleure traçabilité des décisions de gestion. Cette évolution est considérée comme indispensable pour accompagner la décentralisation financière et renforcer la surveillance des finances publiques sur l’ensemble du territoire national.

Faire de la dépense publique un levier de croissance

L’IGF entend également mettre l’accent sur la qualité de la dépense publique. Pour son chef de service, la mobilisation des recettes ne produit des résultats que si les ressources collectées financent des dépenses utiles, productives et génératrices d’impact économique.

Il a défendu une gestion orientée vers la performance, capable de soutenir la croissance économique, de stimuler la création de richesses et d’améliorer durablement les conditions de vie de la population.

Former des « inspecteurs augmentés »

L’un des aspects les plus novateurs de la réforme concerne le profil même des futurs inspecteurs des finances.

L’IGF ambitionne de former des professionnels capables de maîtriser à la fois les techniques classiques d’audit et de contrôle ainsi que les outils numériques avancés.

« Cette réforme conduira à l’émergence d’inspecteurs des finances augmentés », a affirmé le chef de service de l’IGF, estimant que les nouvelles compétences digitales deviendront indispensables dans un environnement de gestion de plus en plus numérisé.

Une réforme jugée incontournable

En conclusion, l’Inspecteur général des finances a présenté le contrôle systémique comme une nécessité plutôt qu’un choix stratégique.

Selon lui, la RDC accuse déjà un retard dans ce domaine par rapport aux standards internationaux de gouvernance financière.

Tout en reconnaissant les défis liés à la digitalisation et aux résistances au changement, il s’est montré confiant quant à la réussite du projet. Il a notamment souligné que plusieurs systèmes d’information fonctionnent déjà dans le pays et qu’une simple interconnexion avec ces plateformes permettrait à l’IGF d’accéder à une part importante des données nécessaires à son futur dispositif.

S’appuyant sur le soutien des autorités publiques, l’IGF entend ainsi transformer durablement les mécanismes de contrôle afin de bâtir une gestion publique plus transparente, traçable et efficace, au service du développement de la République démocratique du Congo.

AGNES KAYEMBE

Advertisement
Advertisement DRC Mining 2026
Bendele
Rawsur

Edito

ZoomEco TV