Santé
Ebola : l’OIM déploie un plan régional de 55,8 millions USD

Face à la résurgence de la maladie à virus Ebola dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a lancé, le 24 juin 2026, un ambitieux plan régional de préparation et de riposte d’un montant de 55,8 millions de dollars américains pour une durée de six mois. Cette initiative vise à renforcer la surveillance sanitaire et les mécanismes de prévention dans onze pays de la région, avec une attention particulière portée aux populations mobiles et aux corridors transfrontaliers.
Selon l’OIM, l’épidémie actuelle dépasse désormais les frontières de la RDC et nécessite une réponse coordonnée à l’échelle régionale afin de limiter les risques de propagation du virus. Les mouvements quotidiens des populations entre les pays voisins pour des raisons commerciales, professionnelles, familiales ou encore pour accéder aux services sociaux constituent un facteur important de vulnérabilité.
En effet, sur les 55,8 millions de dollars recherchés, près de 14,8 millions sont destinés aux opérations menées directement en République Démocratique du Congo.
L’organisation indique avoir déjà mobilisé 20 millions de dollars grâce à l’appui de ses partenaires, mais souligne qu’un déficit de financement d’environ 35 millions de dollars subsiste pour assurer la mise en œuvre complète du plan.
L’OIM appelle ainsi les bailleurs de fonds et partenaires internationaux à maintenir leur soutien afin de renforcer les capacités de prévention, de détection et de réponse dans les zones les plus exposées.
Les populations mobiles au cœur de la stratégie
L’agence des Nations unies fonde son approche sur le constat que les déplacements transfrontaliers peuvent accélérer la propagation du virus. Le plan prévoit notamment le renforcement de la surveillance aux points d’entrée, l’amélioration du suivi sanitaire des voyageurs, la sensibilisation des communautés vulnérables et la lutte contre la désinformation.
« L’épidémie est centrée dans des zones où les populations traversent quotidiennement les frontières pour le commerce, le travail, les visites familiales et l’accès aux services », a expliqué Ugochi Daniels, directrice générale adjointe de l’OIM chargée des opérations.
Pour l’organisation, il est également essentiel de poursuivre les efforts dans les zones affectées par les conflits armés, où l’insécurité complique considérablement les interventions sanitaires et la recherche des contacts.
Plus d’un million de contrôles sanitaires réalisés
L’OIM affirme avoir déjà effectué plus d’un million de contrôles sanitaires aux différents points d’entrée et le long des principaux axes de déplacement dans les pays concernés. Cette vigilance accrue intervient alors que l’épidémie déclarée dans l’est de la RDC a déjà enregistré une extension vers l’Ouganda.
Toutefois, les défis restent nombreux. Dans plusieurs localités touchées par les conflits, les attaques contre les équipes sanitaires et les déplacements massifs de populations rendent plus difficile la détection rapide des cas et la mise en œuvre des mesures de riposte.
« Un seul cas non détecté peut tout changer », a averti Blate David, agent médical national de l’OIM au point d’entrée de Nimule, au Soudan du Sud.
Au-delà du dépistage, l’OIM plaide pour un renforcement des capacités d’isolement, de quarantaine et de prévention des infections dans les zones affectées. L’organisation estime que la maîtrise des flux migratoires, associée à une surveillance sanitaire efficace et à une coopération régionale renforcée, demeure l’un des principaux leviers pour contenir la progression de l’épidémie et protéger les populations de la région.
Alors que les autorités sanitaires et leurs partenaires poursuivent les efforts de riposte sur le terrain, l’OIM rappelle que la lutte contre Ebola exige une mobilisation collective et durable afin d’éviter une nouvelle crise sanitaire régionale.
AGNES KAYEMBE
























