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RDC : perte de 4 milliards USD de rejets, Ngoyi Mushila s’est trompé pour six raisons (Gécamines)

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Gécamines a dénoncé « l’approche biaisée et malhonnête » de l’ingénieur Raphael Ngoyi Mushila à propos de la perte de métaux dans les rejets d’une valeur de 4 milliards de dollars américains depuis 2010.

Répondant à l’analyse qualifiée de « tronquée » et visant de décrédibiliser le géant minier congolais et ses gestionnaires, Gécamines récuse cette démarche de faire croire aux profanes que du métal stocké dans un rejet est du métal jeté suite au traitement défaillant.  

Six erreurs de calculs

Pour Gécamines, il est clair que l’ingénieur Ngoyi Mushila se soit trompé dans ses calculs pour des raisons suivantes :

  1. Il donne aux rejets une valeur nette de 100%, alors que les rejets doivent encore être traités pour en récupérer le métal et que les rendements de récupération sont de 80% à 90% pour le cuivre et de 40% à 70% pour le cobalt suivant le type de produit fini en sel de cobalt ou en métal fin.
  2. Il n’a pas les bons chiffres de production et surévalue les alimentations et donc les rejets.
  3. Les cours qu’il prend pour faire son calcul ne sont pas représentatifs des cours de la période ; ainsi il prend une base de 81 000 USD pour le cobalt, pic de 2018 ce qu’il ne précise pas, alors que celui-ci a été en moyenne de 38 000 USD entre 2010 et 2018.
  4. Le cobalt, qui n’est pas raffiné en RDC, n’est pas vendu à 100% de sa valeur, mais sous forme d’un hydroxyde dont la valeur n’est qu’un pourcentage du cours du métal.
  5. Il confond chiffre d’affaires et bénéficie ou valeur réelle des rejets en faisant croire que les chiffres qu’il avance sont une perte sèche, comme si ces rejets passaient de façon magique de la forme rejet à la forme métal, sans que des hommes et des charges soient engagés.
  6. Il comptabilise l’année 2010, alors même que le conseil a été nommé en fin novembre 2010 et qu’il est difficile d’imputer à quelqu’un absent les problèmes qu’il trouvera à sa nomination.

D’après les mêmes calculs reconstitués par un schéma classique, Gécamines soutient que ces chiffres qui, ne représentent que 35% (soit près 1,4 milliard USD) de ceux invoqués par Ngoyi Mushila, sont de surcroît un chiffre d’affaires potentiel auquel il faudrait encore retrancher des charges liées au coût d’exploitation, cout d’investissement et cout de financement, pour connaître leur vraie valeur réelle.

« Mais surtout, ces rejets en cuivre et en cobalt ne sont pas perdus, ils sont stockés et pour certains déjà vendus »,précise le document du 8 novembre 2019.

Rappelant l’évolution de la métallurgie extractive, Gécamines affirme qu’elle a été partout au monde constituée de trois étapes, à savoir : l’extraction minière, la concentration ou la minéralurgie, et l’extraction métallurgique. Et que chaque étape génère dans le traitement des roches jusqu’au résultat final, le métal. Le métal récupéré à la fin du processus de transformation rapporté à la totalité des minerais qu’il a fallu pour le produire constitue le rendement de récupération.

« La grande Gécamines avait un taux de récupération globale du cuivre de 60% et du cobalt de 25%, cela veut dire que tout temps, Gécamines a laissé dans ses rejets 40% de son cuivre et 75% de son cobalt. C’est d’ailleurs ce qui a permis à des investisseurs de construire des projets énormes sur base des seuls rejets, comme à Metalkol aujourd’hui, ou à STL, dont l’exploitation est soutenue par le Terril de Lubumbashi, qui n’est constitué que de rejets », précise la note du président du Conseil d’administration de Gécamines.

A RE(LIRE) : Gécamines récuse un pamphlet de Ngoy Mushila prônant sa « mort clinique »

Les gestionnaires du géant minier congolais déplorent que l’auteur n’ait pas fait référence à ces chiffres pour asseoir sa démonstration. Et de s’interroger : est-ce pour s’interdire de justifier que de tout temps, du métal est resté dans les rejets ? Si oui, mais pourquoi ne s’est-il concentré que sur les années Yuma sans valoriser ce qu’il considère comme étant des pertes depuis 1911 ?

« Bien que tous ces rejets de concentrateurs soient stockés depuis 1911, il (Raphael Ngoyi Mushila) qualifie ceux générés à partir de 2010 de perte, ce qui n’a pas vraiment de sens car ces rejets sont stockés, et d’ailleurs pour certains – les rejets du DMS – retraités assez rapidement via la lixiviation en tas, à Kamfundwa notamment », ont – ils insisté.

Emilie MBOYO

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