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Mondial2026: Portugal vs RDC, et si Diogo Cão découvrait une embouchure qui existait déjà ?

Cinq cent quarante-quatre ans après le premier contact documenté entre le Royaume du Kongo et le Portugal, les Léopards retrouvent la Seleção sur la plus grande scène du football mondial. Un match chargé d’histoire, de symboles et d’opportunités pour l’image internationale de la RDC.
Ce mercredi 17 juin 2026, les Léopards de la RDC entrent en lice à la Coupe du monde 2026 face au Portugal. La rencontre est programmée à 19h00, heure de Kinshasa, dans le cadre des matchs du groupe K.
Pour les amateurs de football, il s’agit d’une affiche prestigieuse face à l’une des nations les plus emblématiques du football mondial.
Pour les passionnés d’histoire, ce rendez-vous réveille également une mémoire vieille de plus de cinq siècles.
Quand l’histoire croise le football
En 1482, l’explorateur portugais Diogo Cão atteint l’embouchure du fleuve Congo.
Dans les chroniques européennes, l’événement est présenté comme une découverte. Pourtant, à cet endroit stratégique de l’Afrique centrale, prospère déjà le Royaume du Kongo, puissance politique et commerciale organisée, connectée aux réseaux régionaux et dotée de ses propres institutions.
Cinq cent quarante-quatre ans plus tard, le Portugal et la RDC se retrouvent dans un tout autre rapport. Le fleuve a laissé place à la pelouse. L’exploration a cédé la place à la compétition. Et le regard porté sur l’Afrique n’est plus celui du navigateur, mais celui de milliards de téléspectateurs réunis autour d’une Coupe du monde.
De la mémoire du Zaïre à l’ambition des Léopards
L’histoire de la RDC dans la compétition mondiale reste indissociable de celle du Zaïre de 1974.
Cette année-là, les Léopards deviennent la première sélection d’Afrique subsaharienne à participer à une Coupe du monde.
Une avancée historique pour le football africain, même si le parcours est difficile. La défaite 9 buts à 0 contre la Yougoslavie demeure encore aujourd’hui l’un des scores les plus lourds enregistrés dans l’histoire du tournoi.
Cinquante-deux ans plus tard, une nouvelle génération retrouve la scène mondiale avec une autre expérience, un autre contexte et une autre ambition : inscrire durablement la RDC parmi les nations capables de rivaliser au plus haut niveau.
Le football, une vitrine mondiale pour les nations
Dans le monde contemporain, les Coupes du monde ne produisent pas seulement des résultats sportifs. Elles fabriquent aussi des images, des perceptions et parfois des réputations durables.
Pendant quelques semaines, des milliards de regards convergent vers les pays participants. Les hymnes, les couleurs, les supporters, les histoires nationales et les performances contribuent à façonner la manière dont une nation est perçue à l’étranger.
Le parcours du Maroc lors du Mondial 2022 a illustré comment une sélection nationale peut devenir un puissant levier de visibilité et d’influence.
À travers les Léopards, la RDC dispose elle aussi d’une occasion rare de montrer au monde un visage différent : celui d’une jeunesse talentueuse, ambitieuse et capable de performer sur la plus grande scène sportive de la planète.
Une rencontre entre deux récits historiques
Le match Portugal-RDC met face à face deux trajectoires historiques qui se croisent à nouveau après plus de cinq siècles.
D’un côté, une nation maritime qui a marqué l’histoire des grandes explorations. De l’autre, un pays-continent qui cherche aujourd’hui à affirmer sa place dans les grands équilibres économiques mondiaux grâce à ses ressources stratégiques, son boom démographique et son potentiel de croissance.
Au-delà du score final, cette rencontre rappelle que les nations se racontent aussi par le sport. Chaque match devient une occasion de projeter une identité, de nourrir une fierté collective et de renforcer la visibilité d’un pays sur la scène internationale.
Au fond, cinquante-deux ans après l’épopée du Zaïre et cinq cent quarante-quatre ans après l’arrivée de Diogo Cão à l’embouchure du Congo, la question n’est peut-être plus de savoir qui découvre qui, puisque les congolais étaient déjà sur place.
La véritable ambition des Léopards est désormais de permettre au monde de redécouvrir la RDC à travers ce qu’elle produit de meilleur : son talent, sa résilience économique, sa spiritualité illustrée par des personnalités comme Simon Kimbangu, et sa capacité à écrire sa propre histoire, nonobstant la triste épopée des mains coupées.
Flory MUSISWA


















