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DRC NRJ7: comment sortir la RDC de la dépendance des pays voisins pour combler son déficit en électricité ?

Les participants à la 7ème édition de la Conférence sur l’énergie ont clôturé, le samedi 11 mai 2024, les assises autour du thème : Comment faire pour que la RDC ne continue plus de dépendre de pays voisins pour combler son déficit en électricité alors qu’elle a tout le potentiel énergétique ?
Le panel consacré à la géopolitique énergétique a poussé à des réflexions qui, si les résultats sont pris en considération par les décideurs, peuvent sortir le pays de cette dépendance qui ne cesse d’accroître.
Alors que jadis la RDC alimentait en électricité les pays voisins tels que la Zambie, l’Angola, l’Afrique du Sud, aujourd’hui, elle se tourne vers ces mêmes pays pour acheter l’électricité et à quel prix?, s’est interrogé l’ancien Directeur Général de la Société Nationale d’Electricité (SNEL), Vika Di Panzu, dans son intervention.
D’après cet expert, à cette époque, le pays avait une politique et une planification. Le pays avait une vocation d’exportation énergétique en commençant d’abord par la satisfaction des besoins de la population congolaise avant de servir l’extérieur.
Que faire alors si l’on veut inverser la donne?
Quatre pistes de solutions proposées comme une recette magique par l’ancien Directeur Général de la SNEL.
Primo, la volonté politique
D’après lui, on ne cessera jamais de marteler sur la volonté politique car c’est non seulement un goulot d’étranglement de plusieurs projets de développeurs privés mais ça peut aussi être transformé en un pousseur pour déclencher le processus de changement.
Vika Di Panzu a quand même reconnu une
volonté politique affichée par le Chef de l’État congolais mais elle est timide.
« Il faut qu’il y ait un support du Gouvernement à savoir l’autorité compétente qui est le Ministre de l’Énergie. Nous devons avoir de pousseurs à partir du numéro un jusqu’ au sommet. Bref une volonté politique affichée totalement par l’autorité compétente. », a-t-il insisté.

Secundo, des réunions de concertation
Ces rencontres doivent se faire entre le ministère en charge de l’Énergie, les développeurs du secteur, la FEC , ANSER et ARE.
Toutes ces parties prenantes vont échanger sur leurs problèmes, les difficultés, les obstacles. Ce, pour une périodicité bien déterminée, pourquoi pas tous les mois, tous les trois mois, selon la disponibilité de chacun.
Tertio, l’accès au financement et à la garantie de remboursement de financement
Ici, il propose que le Gouvernement aide les développeurs à y accéder.
Quarto, les développeurs privés peuvent financer des projets pour augmenter la desserte en énergie.
Concernant justement l’apport des privés dans le secteur de l’électricité, Ben Munanga de Kamoa a souligné que son entreprise minière s’est doté d’un programme d’accompagnement du secteur de l’Energie.
Il a rappelé que plusieurs miniers qui étaient engagés sérieusement sur cette voie d’accompagnement sont encore actifs car leurs besoins en énergie sont énormes et il faut des solutions pour pallier au déficit affiché par la SNEL.
Pointée du doigt, la SNEL s’est justifiée par le canal de son Administrateur Dédé Kodoro, qui a reconnu que jusqu’à ce jour, le Gouvernement n’a pas un plan pour faire sortir le pays de cette situation.
Ce dernier a estimé qu’il faut plutôt « des solutions adaptées à chaque situation ».
« La SNEL seule ne pourra jamais être capable de résorber tout le déficit en énergie. C’est ce qui justifie d’ailleurs la libéralisation du secteur depuis 2014. L’objectif même est de pousser les développeurs privés à appuyer la SNEL pour combler ce déficit. », a-t-il expliqué.
Par ailleurs, Dédé Kodoro est revenu sur des difficultés majeures rencontrées par la Société Nationale d’Electricité notamment l’insolvabilité de l’État concernant le paiement de factures consommées par les entreprises publiques. Aussi, a-t-il déploré, le nombre d’institutions bénéficiant de l’exonération de la SNEL ne fait que s’accroître et l’appui du Gouvernement est très faible à la SNEL. Ce, alors que la SNEL, en tant que société commerciale, doit travailler pour faire des bénéfices mais aussi donner la satisfaction au public qui la vilipende chaque jour.
Une autre difficulté se trouve dans la tarification. Enfin, la troisième qui n’est pas la moindre, ses infrastructures.
La SNEL fait des efforts pour réhabiliter ses infrastructures dont la plupart ont déjà vielli. Cela, grâce au partenariat public-privé.
Parlant du partenariat public-privé, Maître
Mavinga a insisté sur le fait qu’il n’y a pas que les miniers pour financer ce secteur.
« Soyons ingénieux! L’un des plus grands dangers que court la RDC, c’est de se tourner vers l’importation de l’électricité. Il faut une réflexion : On peut faire du reste d’argent de la CNSS, du FONER et autres institutions, des fonds d’investissement institutionnel pour financer les projets structurants. », a-t-il suggéré.
Mylor Shutcha, lui, a déploré l’absence du pays dans des conférences où se prennent des grandes décisions en vue d’obtenir des financements.
« Si on investit pas dans la protection de la biodiversité on n’aura pas suffisamment d’énergies. C’est une question de géopolitique énergétique. Deux rapports seront publiés à ce sujet en décembre 2024. Malheureusement là où on discute de tout ça, la RDC est absente. », a-t-il indiqué pour interpeller les décideurs.

Eric Monga, initiateur de cette conférence reste optimiste que d’ici la tenue de la prochaine édition, de grands changements seront opérés pour booster ce secteur.
De Kolwezi/ Province du Lualaba
Envoyée spéciale
Nadine FULA




















