a la une
RDC : les trois axes des réformes à suivre par le FMI jusqu’à fin mai 2020

L’amélioration de la gestion des finances publiques, le relèvement du niveau des réserves internationales et l’assainissement du climat des affaires. Telles sont les trois axes prioritaires nécessitant la mise œuvre des réformes urgentes par le Gouvernement congolais avec le suivi du Fonds monétaire international (FMI) sur une période de six mois.
Concrètement, le Programme de référence conclu avec le FMI prévoit une série de mesures structurelles dont le Gouvernement congolais devra accélérer la mise en œuvre. Ces réformes se concentrent notamment sur la réforme fiscale, l’amélioration de la transparence des comptes publics, les réserves de change et le climat des affaires.
Finances publiques
Le Fonds monétaire international (FMI) tire la sonnette d’alarme sur l’urgence pour l’Exécutif congolais d’accroître les recettes, de maîtriser et de rationaliser les dépenses afin de consolider la stabilité macroéconomique.
« Pour mettre en œuvre les plans de développement et les plans sociaux ambitieux du Gouvernement de manière durable, il est nécessaire de se concentrer sur la mobilisation des recettes et de fixer les priorités en matière de dépenses », préconise l’équipe de Mauricio Villafuerte qui a séjourné à Kinshasa du 6 au 15 novembre 2019.
Dès lors, il sera question de remédier aux faiblesses du contrôle des dépenses ayant marquées la période de la transition politique sans oublier de nouvelles initiatives de dépenses publiques telles que la gratuité de l’éducation de base et le programme présidentiel des 100 jours.
#RDC : finances publiques, le solde des opérations est déficitaire de 376 millions USD | #CPM #BCC @MinFin_rdc via @Zoom_eco – https://t.co/OaPPtjeN6K
— Zoom Eco (@Zoom_eco) November 9, 2019
Des analystes estiment que « le défi serait pour le Gouvernement congolais d’éponger le déficit des opérations financières de l’Etat qui s’est creusé à hauteur de 376 millions de dollars à fin octobre 2019. Et de préserver l’équilibre en dégageant la marge de manœuvre permettant d’accroître l’investissement public. »
Réserves de change
Face à l’insuffisance des recettes intérieures pour financer les initiatives de l’Exécutif congolais, constate le FMI, la Banque centrale (BCC) a été poussée à accorder au Gouvernement des avances. Ce qui a entraîné l’érosion des réserves internationales atteignant un niveau extrêmement bas de 854,3 millions USD, soit 3,3 semaines d’importations des biens et services.
« L’objectif immédiat de la Banque centrale devrait être de constituer ses réserves internationales tout en préservant une faible inflation. Le transfert de ses dépôts en devises détenus auprès de banques commerciales nationales sur ses propres comptes bancaires à l’étranger contribuerait à accroître les réserves internationales », recommande le FMI.
Afin de renforcer la stabilité financière, la Banque centrale devrait, dans cette même perspective, prendre des mesures pour que les réserves obligatoires des banques soient libellées dans la devise des dépôts respectifs.
Et d’insister : « elle (la BCC) devrait également continuer à utiliser les instruments à sa disposition pour maintenir une inflation faible et pour intervenir sur le marché des changes afin de lisser la volatilité excessive. »
Climat des affaires
Les faiblesses du système judiciaire et la fiscalité fragmentée sont parmi les facteurs nocifs aux investissements privés tant nationaux qu’étrangers, lesquels freinent le potentiel d’une économie dotée de plusieurs richesses naturelles de valeur, notamment une population jeune et dynamique.
D’où, l’urgence d’améliorer la gouvernance avec un accent sur la gestion des ressources naturelles et des entreprises d’État ainsi que le climat des affaires.
« Les autorités se sont engagées à se conformer aux exigences de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE). Des mesures devront être prises pour simplifier la fiscalité et alléger le fardeau fiscal. Un dialogue national sera lancé et une assistance appropriée recherchée afin de remédier aux faiblesses du système judiciaire », recommande le FMI.
La mission du #FMI conduite par Maurocio Villafuerte est parvenu à un ACCORD de PRINCIPE sur l'octroi à la #RDC d'une FACILITÉ DE CRÉDIT RAPIDE de 370 millions USD. Projet à soumettre au Conseil d'administration avant son exécution | @IIlunkamba @Presidence_RDC via @Zoom_eco pic.twitter.com/1BaYKcQuJh
— Zoom Eco (@Zoom_eco) November 15, 2019
Dans le cadre de la mise en œuvre de ce Programme de référence avec le FMI, le Gouvernement congolais s’est engagé à faire progresser les réformes structurelles clés convenues de commun accord avec cette institution de Bretton Woods. Si ce processus est suivi de manière étroite par les experts du Fonds, l’Exécutif congolais n’a pas droit l’erreur pour éviter de compromettre l’avenir de la reprise du programme formel au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC).
L’objectif ultime demeure celui de relever les défis de la mauvaise gouvernance, de l’environnement des affaires difficile et de la pauvreté généralisée en Rd Congo.
A RE(LIRE) : 370 millions USD de Facilité de crédit rapide du FMI attendus en décembre 2019
En rappel, le Gouvernement congolais et la mission du FMI en Rd Congo conduite par Mauricio Villafuerte ont conclu un préaccord sur le Programme de réforme soutenu par la facilité rapide de crédit (FRC) du FMI, associée à un programme suivi par les services jusqu’à fin mai 2020.
Sous réserve de l’approbation de la direction générale du FMI, l’accord au niveau des services relatif au décaissement de la FRC devrait être soumis, pour examen, au Conseil d’administration du FMI à la mi-décembre 2019.
Eric TSHIKUMA
























