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Afrique

Afrique : le continent a assuré 30% de l’offre mondiale de lithium en 2024 (rapport)

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En 2024, le continent africain a représenté environ 30 % de la nouvelle offre mondiale de lithium, marquant ainsi une avancée majeure pour une région longtemps marginalisée dans la chaîne d’approvisionnement de ce métal stratégique. C’est ce que révèle le rapport Global Critical Minerals Outlook 2025 publié au mois de mai par l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Alors que l’offre mondiale reste dominée à 77 % par des poids lourds comme la Chine et l’Australie, l’AIE souligne une dynamique de diversification qui pourrait transformer la carte géopolitique du lithium d’ici 2030.

En tête de cette transition : l’Afrique, désormais considérée comme l’un des futurs pôles majeurs du marché.

Une montée en puissance rapide des producteurs africains

Selon le rapport, la part de l’Afrique dans la production globale de lithium est passée de 6 % en 2023 à 11 % en 2024. Ce bond impressionnant est attribué en grande partie à deux pays : le Zimbabwe et la Namibie.

Le Zimbabwe, en particulier, a vu sa production de concentré de lithium exploser.

Portée par la mise en exploitation de nouvelles mines en 2023, elle a atteint 2,4 millions de tonnes en 2024, contre 745 455 tonnes un an plus tôt, soit une hausse de plus de 222 %.

Les projets Arcadia (Prospect Lithium), Bikita (Sinomine Resource) et Kamativi ont largement contribué à cette performance, positionnant le pays comme un acteur clé du marché mondial.

La Namibie, quant à elle, est également mentionnée comme un producteur prometteur, bien que le rapport de l’AIE fournisse peu de détails sur ses volumes exacts.

Une croissance prometteuse, mais fragile

Si l’essor du lithium africain est porteur d’opportunités, il n’est pas exempt de défis.

D’ici 2035, l’AIE estime que 55 nouvelles mines devront être mises en service à travers le monde pour répondre à la demande croissante.

L’Afrique est appelée à jouer un rôle central dans cet effort, mais plusieurs freins pourraient ralentir cette dynamique.

Le principal obstacle reste la chute prolongée des prix du lithium.

D’après Fastmarkets, le prix du spodumène, principal minerai de lithium, a plongé de plus de 80 % entre mars 2023 et mars 2024, une tendance qui se poursuit et met en péril la rentabilité de nombreux projets.

En Namibie, par exemple, le projet Karibib porté par la société Lepidico est à l’arrêt, faute de financement.

L’entreprise, qui cherchait à lever 63 millions USD pour lancer la première phase d’exploitation, a été placée sous administration volontaire en 2024 après avoir échoué à mobiliser les fonds nécessaires.

En République Démocratique du Congo, le potentiel est également contrarié par des incertitudes juridiques.

Le projet de Manono, l’un des plus prometteurs du continent, reste enlisé dans un litige opposant l’État congolais à la société australienne AVZ Minerals, qui en revendique les droits.

Vers une souveraineté minérale africaine ?

Pour les experts, la progression du lithium africain constitue un signal fort : le continent n’est plus un simple réservoir de ressources, mais entend jouer un rôle stratégique dans la transition énergétique mondiale.

Pour transformer cet essai, il faudra cependant sécuriser les cadres juridiques, stabiliser les projets et attirer des investissements durables, malgré la volatilité des marchés.

L’Afrique a fait un pas décisif en 2024. Reste à savoir si ce tournant marquera le début d’un leadership durable ou d’une opportunité manquée dans la nouvelle géopolitique des minerais critiques.

Flory MUSISWA

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