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DMW 2026: Eric Monga appelle à une réflexion autour du mythe énergétique

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Il existe un mythe énergétique entre les sociétés minières, les services publics nationaux et les investisseurs dans les projets énergétiques. Les producteurs d’énergie ont besoin de financement qu’ils peuvent obtenir grâce aux contrats d’achat d’électricité conclus avec les entreprises minières. Cela constitue aujourd’hui un élément central pour rendre les projets bancables et attirer les capitaux nécessaires à la construction de futures centrales. De son côté, l’État congolais est invité à sécuriser ces investissements. Cette réflexion a été portée par Eric Monga, producteur d’énergie et Directeur Général de Kipay Energy lors d’un panel consacré justement à cette thématique en marge de la 21e édition de DRC Mining Week.

La RDC possède un potentiel hydroélectrique exceptionnel, notamment grâce au fleuve Congo et au site de Barrage d’Inga. Pourtant, de nombreuses entreprises minières, populations et industries continuent de faire face à des déficits énergétiques importants alors que les immenses ressources énergétiques du pays devraient naturellement garantir un accès suffisant et fiable à l’électricité pour tous les acteurs économiques.

Un trio: entreprises minières, investisseurs et l’État Congolais autour du producteur d’énergie

Entre ces trois intervenants, se trouve le producteur d’énergie. Celui-ci a besoin de produire et vendre l’énergie. Une énergie pourtant assez disponible mais dont la production demande beaucouo d’investissements.

Pour le Directeur Général de Kipay Energy, les contrats d’achat d’électricité (PPA) signés avec les opérateurs miniers jouent un rôle déterminant. Ils offrent aux producteurs indépendants une visibilité commerciale indispensable pour lever des financements auprès des institutions financières. Néanmoins, il faut une bonne capacité pour structurer les projets et convaincre les bailleurs.

« Les PPA peuvent être conclus avec le public, avec la SNEL, mais malheureusement, de ce côté-là, les gens se méfient, parce qu’il n’y a pas une certaine fiabilité technique. Et de l’autre côté, les gens prennent des PPA avec des privés du secteur minier. Si une entreprise minière vous donne un contrat d’achat d’énergie, c’est considéré comme une garantie, une sûreté qui vous permet de lever les fonds dans un milieu tant national qu’international. Il sera difficile de se départir du secteur minier, parce que le secteur minier nous donne justement cette bancabilité, cette sûreté d’être bancable. », a indiqué Éric Monga.

Face au besoin d’une alimentation électrique stable pour leurs activités, les entreprises minières sont invitées à collaborer avec les producteurs d’énergie.

Pour sa part, l’État congolais est invité à faciliter les démarches administratives.

Notons que depuis la libéralisation du secteur électrique en 2014, plusieurs opérateurs privés ont progressivement investi aux côtés de la SNEL, notamment pour répondre aux besoins des grands consommateurs industriels.

Quant aux investisseurs, ils sont souvent reprochés d’alourdir les conditions d’accès aux financements alors que les producteurs d’énergie font face à plusieurs contraintes économiques propres au secteur énergétique.

Avec des marges limitées, les producteurs doivent trouver des modèles capables de rassurer les investisseurs sur la viabilité financière des projets.

« Les marges sont petites dans l’énergie : entre 10 % et 12 %. Si vous êtes à 12 %, on ne va pas vous prêter l’argent. », a-t-il expliqué, tout en évoquant la nécessité de mieux intégrer les obligations sociales et réglementaires dans le montage financier des projets. L’obligation de réserver une partie de la production énergétique à la population, notamment, doit selon lui être accompagnée d’un mécanisme économique permettant de préserver la rentabilité des investissements.

« Il faut inventer des solutions », a-t-il soutenu.

Il faut donc trouver un équilibre entre les attentes de l’État, les besoins des communautés et les exigences des investisseurs privés.

Le patron de Kipay Energy a loué l’évolution de l’écosystème d’investissement en RDC, citant notamment les instruments proposés par l’ANAPI, le développement du marché local de l’assurance ainsi que l’intérêt croissant d’institutions financières comme Afreximbank et l’AFC pour les producteurs indépendants d’électricité (IPP).

Nadine FULA

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