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Partenariat stratégique RDC-Etats-Unis : Louis Watum recadre Gwede Mantashe et réaffirme la souveraineté économique de la RDC

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Le Mining Indaba 2026, rendez-vous annuel incontournable du secteur minier africain, a été le théâtre d’un échange tendu entre la République Démocratique du Congo (RDC) et l’Afrique du Sud. Au cœur du débat : l’accord sur les minerais critiques signé par la RDC avec les États-Unis l’an dernier.

Le Ministre sud-africain des Ressources minérales et pétrolières, Gwede Mantashe, avait accusé la RDC, lors d’une réunion ministérielle à huis clos, de « se vendre, ou des mots dans ce goût-là », selon des analystes africains présents.

Mantashe a ajouté : « Ce n’est pas une question de l’intérêt national de la RDC, mais de l’intérêt continental », suggérant que l’accord avec Washington pourrait s’inscrire dans une stratégie américaine de « diviser pour mieux régner » en Afrique. Il soulignait notamment que la RDC avait bénéficié d’un tarif douanier préférentiel de 10 %, loin du tarif punitif de 30 % appliqué à l’Afrique du Sud.

Face à ces critiques, le Ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, a recadré la discussion lors d’un point presse au Cap : « La RDC n’a rien bradé du tout. La RDC n’a rien vendu du tout. Nous avons signé un cadre de discussion avec les partenaires américains pour discuter de projets d’intérêt mutuel. »

Il a précisé : « Ça veut dire que nous avons convenu d’un certain nombre de projets sur lesquels nous avons discuté. Certains pourraient intéresser les américains, d’autres non. Et lorsqu’ils investiront, ce sera dans le strict respect du Code minier congolais. »

Pour les experts, cet échange illustre la complexité des négociations sur les minerais stratégiques en Afrique, où chaque accord doit être analysé à la fois sur le plan économique et géopolitique.

Selon des analystes du secteur minier international, la RDC se positionne désormais comme acteur souverain et responsable, capable de sécuriser ses ressources tout en attirant des investissements étrangers.

L’accord entre les Etats-Unis et la RDC n’est pas un simple partenariat : c’est un outil stratégique de valorisation des minerais critiques ; cobalt, lithium, cuivre, dont la demande mondiale explose avec la transition énergétique et l’essor des technologies propres.

Le strict respect du Code minier congolais, comme le souligne Louis Watum, montre que la RDC entend protéger sa souveraineté économique tout en offrant un cadre légal clair aux investisseurs.

De son côté, la remarque de Mantashe sur l’intérêt continental souligne la tension historique entre souveraineté nationale et coordination africaine dans la gestion des ressources stratégiques. Mais, selon plusieurs experts interrogés, la posture de la RDC reste cohérente et pragmatique : sécuriser ses minerais tout en favorisant des partenariats rentables et transparents, sans céder aux pressions extérieures.

En filigrane, cette confrontation rappelle que les minerais stratégiques africains ne sont plus seulement des ressources, mais des leviers géoéconomiques, où contrôle, réglementation et savoir-faire technologique dictent la valeur réelle des contrats.

La RDC, en recadrant son partenaire sud-africain, glisse un agitateur d’idées, affirme sa maturité politique et économique et réaffirme que la gestion de ses ressources ne se négocie pas au détriment de son intérêt national.

Flory MUSISWA

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