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Port de Banana : la visite de l’ambassadeur chinois relance les débats sur la stratégie infrastructurelle de Pékin en RDC

La visite effectuée le 17 mai 2026 sur le chantier du port en eaux profondes de Banana par une délégation chinoise conduite par l’ambassadeur de Chine en République démocratique du Congo, Zhao Bin, intervient dans un contexte où les infrastructures s’imposent comme un levier central de transformation économique du pays.
Au-delà du simple suivi technique, cette mission diplomatique met en lumière l’intérêt stratégique croissant de la Chine pour les projets structurants en Afrique centrale, notamment dans les secteurs portuaires et logistiques.
Un projet clé pour la souveraineté logistique congolaise
Situé sur la façade atlantique, le projet du port de Banana est présenté comme une infrastructure stratégique majeure pour réduire la dépendance extérieure de la RDC.
Actuellement, une part importante du commerce maritime congolais transite encore par des ports étrangers, notamment ceux de Pointe-Noire, Durban ou Walvis Bay, entraînant des coûts logistiques élevés et des délais d’acheminement prolongés.
Selon les projections techniques, la première phase du projet pourrait permettre le traitement d’environ 450.000 conteneurs par an, ainsi que plus d’un million de tonnes de marchandises diverses.
Une délégation mixte sur le terrain
La visite a réuni plusieurs acteurs institutionnels et techniques, notamment l’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT), la Direction générale des partenariats public-privé (DGPPP), la mission de contrôle du projet ainsi que le groupe DP World.
Les discussions ont porté sur l’état d’avancement des travaux et les perspectives de mise en service progressive du port, considéré comme un projet structurant pour l’économie nationale.
Pékin et la montée en puissance des infrastructures africaines
Au-delà du cas congolais, cette visite s’inscrit dans une dynamique plus large d’expansion des investissements chinois dans les infrastructures africaines.
Selon plusieurs études internationales, les engagements financiers chinois sur le continent africain dépasseraient 170 milliards USD entre 2000 et 2023, concentrés dans les secteurs des transports, de l’énergie et des mines.
Parmi les projets emblématiques figurent notamment le chemin de fer Addis-Abeba–Djibouti, le port de Lekki au Nigeria ou encore plusieurs infrastructures énergétiques en Afrique centrale.
Une stratégie aux enjeux économiques et géopolitiques
Pour plusieurs analystes, cette présence accrue traduit une double logique : sécuriser les approvisionnements en ressources stratégiques et renforcer l’influence économique de la Chine à travers les corridors logistiques africains.
Dans le cas de la RDC, cette coopération s’articule déjà autour de projets miniers et d’infrastructures via des partenariats structurants comme Sicomines.
Cependant, certains experts mettent en garde contre les défis liés à la soutenabilité financière des projets, à la gestion de la dette et au transfert de compétences locales.
Un projet à fort potentiel économique
Malgré ces enjeux, le port de Banana est largement perçu comme un tournant potentiel pour l’économie congolaise. Son développement pourrait repositionner la RDC comme un hub logistique régional, à condition d’un accompagnement global incluant routes, chemins de fer, douanes et énergie.
Avec ses vastes ressources minières, son accès direct à l’océan Atlantique et son marché intérieur estimé à plus de 100 millions d’habitants, la RDC confirme son statut d’espace stratégique dans la compétition économique mondiale autour des infrastructures africaines.
Flory MUSISWA
























