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RDC : avec près de 100 milliards USD de flux numériques par an, l’État structure son économie numérique

La République démocratique du Congo entend faire du numérique un instrument de gouvernance économique et de modernisation de l’action publique.
Portée par la vision du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et mise en œuvre par le Ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, cette stratégie vise à permettre à l’État de mieux comprendre, suivre et accompagner les transformations économiques en cours dans le pays.
Selon les projections présentées par le ministère, près de 100 milliards de dollars de flux numériques transitent chaque année dans l’économie congolaise.
Dans le même temps, environ 30 millions de congolais utilisent déjà les services de Mobile Money, illustrant l’ampleur prise par les transactions numériques dans la vie quotidienne des ménages et des entreprises.
Pour les autorités, l’économie numérique dépasse largement l’usage des téléphones intelligents ou des réseaux sociaux. Elle repose sur la capacité d’un pays à collecter, sécuriser et exploiter les données économiques afin d’améliorer la prise de décision publique, renforcer la transparence et accroître l’efficacité des politiques économiques.
Le constat est celui d’une économie où les échanges numériques se multiplient à un rythme soutenu.
Chaque jour, des millions d’opérations sont réalisées entre consommateurs, commerçants, entreprises, institutions financières et administrations à travers les 26 provinces du pays.
Toutefois, une partie importante de ces activités demeure encore insuffisamment documentée ou consolidée à l’échelle nationale.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte d’expansion continue des usages numériques.
Selon les données de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC), le taux de pénétration de l’internet mobile a dépassé 32 % en 2024, tandis que le pays comptait plus de 59 millions d’abonnements mobiles actifs.
Face à cette dynamique, le Gouvernement concentre ses efforts sur plusieurs priorités : le développement d’une architecture nationale de données, le renforcement de la cybersécurité, ainsi que la mise en place d’infrastructures de souveraineté numérique telles que les centres de données et les solutions de cloud souverain.
Dans cette perspective, les autorités ont engagé en 2025 l’élaboration du Plan national du numérique 2026-2030 ainsi qu’une stratégie nationale dédiée à l’intelligence artificielle.
Estimé à près de 1,5 milliard de dollars d’investissements, ce programme vise notamment à accélérer le déploiement des infrastructures numériques, moderniser les services publics, renforcer la cybersécurité et développer les compétences nécessaires à l’émergence d’une économie fondée sur la donnée et l’innovation.
L’ambition est de mieux valoriser les données générées par l’activité économique, de renforcer la confiance dans les services numériques et d’offrir aux décideurs publics des outils plus performants pour orienter les politiques de développement.
À l’horizon 2035, les autorités entendent faire émerger un écosystème numérique capable de soutenir la croissance économique, d’améliorer l’inclusion financière et de renforcer la compétitivité du pays. Cette vision s’appuie notamment sur une population estimée à plus de 100 millions d’habitants, une urbanisation croissante et une adoption de plus en plus rapide des services numériques.
Les experts appellent cependant à accélérer les investissements dans les infrastructures numériques, la formation aux compétences digitales, l’accès à l’électricité et la protection des données personnelles. Selon eux, la réussite de cette ambition à l’horizon 2035 dépendra autant des technologies déployées que de la capacité du pays à construire un cadre institutionnel, réglementaire et humain capable d’accompagner durablement la transformation numérique de l’économie congolaise.
Flory MUSISWA
























