Autres actualités
RDC : Judith Suminwa appelle à lever les blocages pour accélérer l’industrialisation via les ZES

La Première Ministre Judith Suminwa a présidé, le 9 septembre 2025, la première réunion du Comité stratégique de pilotage des Zones économiques spéciales (ZES). Objectif : relancer une réforme considérée comme un levier central de la politique nationale d’industrialisation.
La cheffe du Gouvernement de la RDC a exhorté les membres du Comité à proposer des pistes concrètes pour résoudre les problèmes qui freinent le bon fonctionnement de ces espaces.
« La ZES Maluku est saturée. Nous avons besoin d’un peu plus d’espace. Il faut procéder à l’expropriation pour les zones publiques, ce qui nécessite une forme de compensation pour les propriétaires de terres. », a rappelé la cheffe du Gouvernement, illustrant les défis actuels.

Des résultats déjà visibles
Le Ministre de l’Industrie, Aimé Boji Sangara, a souligné que les ZES contribuent déjà à la création d’emplois et à la compétitivité du pays :
« Vous pouvez aller à Maluku aujourd’hui, l’usine fabrique des carreaux qui sont exportés. Non seulement ces carreaux occupent 80 % du marché au Congo-Brazzaville, mais ils sont aussi consommés localement. Nous avons les zones Pepsi et d’autres industries pharmaceutiques opérationnelles. Donc, les emplois sont en pleine création. »
Sept autres ZES sont actuellement en projet, notamment à Kin Malebo, Katanga, Kinsevere et Lubero, selon le Ministre Boji.
Une opportunité pour les investisseurs nationaux
Pour le Gouvernement, il est essentiel que les congolais s’approprient ces espaces stratégiques.
« L’industrie doit d’abord assurer la création d’emplois tout en réglant la question de la souveraineté économique. Nous voulons que dans les ZES à venir, il y ait de plus en plus de nationaux. », a insisté Aimé Boji.

Ces zones offrent des avantages attractifs : procédures simplifiées grâce aux guichets uniques, exonérations fiscales, infrastructures sécurisées et accès garanti à l’eau et à l’électricité.
Pour les analystes économiques, les ZES représentent une opportunité décisive pour diversifier une économie congolaise encore trop dépendante des exportations minières. Toutefois, ils pointent deux conditions majeures : la capacité de l’État à maîtriser le foncier, comme le montre le cas de Maluku, et la nécessité de stimuler l’investissement privé local, sans quoi les ZES risquent de rester dominées par des acteurs étrangers.
« La réussite des ZES dépendra de leur capacité à attirer une masse critique d’investisseurs locaux et étrangers, mais surtout à intégrer les PME congolaises dans les chaînes de valeur », estime un expert en développement industriel.
Un signal politique fort
Depuis 2024, Judith Suminwa multiplie les initiatives pour améliorer le climat des affaires.
Avec la relance des ZES, son Gouvernement veut orienter les investissements vers des activités à forte intensité de main-d’œuvre locale et faire des produits Made in DRC une véritable vitrine à l’international.
Flory MUSISWA
























