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RDC : jusqu’à 233 millions USD absorbés chaque année par des policiers fictifs, le Gouvernement accélère l’assainissement de la PNC

Un audit préliminaire des effectifs de la Police nationale congolaise (PNC) a identifié 63.817 dossiers prioritaires, correspondant notamment à des agents en position non active, présumés fictifs ou en situation administrative irrégulière. C’est ce que révèle le compte-rendu de la 94ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres du 10 juillet 2026, présenté par le porte-parole du Gouvernement Patrick Muyaya.
Le Gouvernement estime qu’en l’absence de mesures correctives, cette situation pourrait représenter un manque à gagner compris entre 8,32 et 19,42 millions de dollars par mois, soit 99,84 à 233,04 millions de dollars par an.
La source précise que ces dossiers concernent « des agents en position non active, présumés fictifs ou irréguliers, nécessitant un contrôle physique approfondi ».
L’audit a porté sur 157.886 dossiers enregistrés dans la base de données de la PNC.
D’après le Gouvernement, les dossiers signalés nécessitent désormais un contrôle physique approfondi afin de distinguer les policiers effectivement en service des effectifs irréguliers ou fictifs.
Cette opération constitue l’une des plus importantes initiatives d’assainissement administratif engagées ces dernières années dans le secteur de la sécurité.
Comme l’indique le Gouvernement, « sur la base des 63.817 effectifs prioritaires épinglés, le manque à gagner potentiel pour l’État, en cas d’inaction, sera estimé entre 8,32 millions USD et 19,42 millions USD par mois ».
Le Gouvernement explique que les solutions techniques déjà déployées démontrent un intérêt financier majeur.
Le compte-rendu précise que l’Exécutif est appelé à finaliser le financement du contrôle physique des effectifs et de la délivrance de cartes biométriques, avant d’étendre l’opération à l’ensemble du territoire national.
Il souligne qu’« il s’agit d’un investissement stratégique de maîtrise des effectifs, de gouvernance administrative et de rationalisation de la masse salariale de la Police nationale congolaise ».
L’objectif est ainsi de mieux maîtriser les effectifs, renforcer la gouvernance administrative et rationaliser durablement la masse salariale de la PNC.
Cette réforme s’inscrit dans le prolongement du lancement de la phase opérationnelle de l’identification biométrique des policiers, validée quelques jours plus tôt par les autorités.
Le futur fichier biométrique doit permettre d’éliminer les doublons, d’identifier les agents fictifs, de sécuriser la gestion des carrières et d’améliorer la transparence des paiements.
Pour les spécialistes des finances publiques, les montants évoqués illustrent l’importance des marges d’économies encore disponibles dans la gestion de la dépense publique.
Si les irrégularités sont effectivement confirmées après le contrôle physique, les ressources récupérées pourraient être réorientées vers des priorités telles que l’amélioration des équipements, la modernisation de la police, la formation des agents et le renforcement de leur prise en charge sociale.
Les experts de la gouvernance publique rappellent toutefois qu’un audit ne constitue qu’une première étape. L’enjeu principal réside désormais dans la capacité de l’État à finaliser l’identification biométrique, actualiser régulièrement le fichier des effectifs et mettre en place des mécanismes permanents de contrôle afin d’éviter la reconstitution de réseaux de fraude.
Flory MUSISWA
























