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RDC : Kinshasa ne dispose que de 17 % de son réseau routier urbain nécessaire, selon John Banza

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Kinshasa-La capitale congolaise fait face à un important déficit d’infrastructures routières.

Sur un besoin estimé à 6 000 kilomètres de voirie urbaine, Kinshasa ne dispose actuellement que d’environ 1 000 kilomètres aménagés, soit à peine 17 % des besoins, a révélé le Ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza.

Cette déclaration a été faite lors du briefing de presse conjoint animé ce mardi 9 juin 2026 avec le Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, consacré à l’état d’avancement des grands projets d’infrastructures à travers le pays.

Avec une superficie proche de 10 000 km² et une population estimée à plus de 18 millions d’habitants, Kinshasa illustre le décalage croissant entre l’expansion urbaine et le développement des infrastructures de mobilité.

« Nous travaillons aujourd’hui pour atteindre progressivement le seuil de 1 000 kilomètres aménagés », a indiqué le Ministre, tout en reconnaissant l’ampleur des investissements encore nécessaires pour répondre aux besoins de la capitale.

Une compétence provinciale soutenue par l’État

John Banza a rappelé que la voirie urbaine relève constitutionnellement de la compétence exclusive des provinces.

Le Gouvernement central intervient principalement à travers le financement, les études techniques et l’accompagnement de projets structurants.

Dans cette dynamique, plusieurs programmes de modernisation sont en cours ou en préparation dans des villes telles que Bunia, Mbuji-Mayi, Kalemie, Lodja, Kabinda, Luputa, Lumumba-Ville et Tshikapa.

Un réseau routier national en expansion

Au niveau national, le Ministre Banza a indiqué que le réseau routier est passé d’environ 3 000 kilomètres en 2019 à près de 8 000 kilomètres aujourd’hui.

Cette progression s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à renforcer l’intégration territoriale et à améliorer la connectivité entre les principaux pôles économiques du pays.

Parmi les projets structurants figure la Route nationale n°1 (RN1), axe stratégique de près de 3 300 kilomètres destiné à relier le port en eau profonde de Banana au Haut-Katanga. Cette infrastructure est considérée comme essentielle pour fluidifier les échanges commerciaux et renforcer l’intégration économique nationale.

Première autoroute de l’histoire de la RDC

Le Ministre des Infrastructures et Travaux publics a également mis en avant la Route nationale n°2 (RN2), dont la première phase couvre 1 080 kilomètres. Le projet prévoit la construction de la première autoroute à deux fois deux voies de l’histoire du pays. Il inclut également un pont de 714 mètres reliant les provinces de la Lomami et du Maniema. Cet ouvrage deviendra le deuxième plus long pont de la RDC après le pont Maréchal.

D’autres projets prioritaires concernent les Routes nationales n°4, n°6, n°7, n°8, n°16 et n°17, avec pour objectif de renforcer les liaisons entre le Kongo Central, le Grand Bandundu, le Grand Équateur, le Maniema et les provinces de l’Est.

Vers l’adoption de normes nationales d’infrastructures

John Banza est également revenu sur les conclusions de la première Conférence nationale sur les infrastructures, organisée sous l’impulsion du Président de la République.

Selon lui, l’une des recommandations majeures porte sur l’élaboration de normes nationales pour la conception, la construction et le contrôle des ouvrages publics.

« Depuis l’indépendance, le pays ne s’est jamais véritablement doté de normes dans ce domaine », a-t-il souligné.

Un processus de réflexion de dix mois a ainsi été lancé afin d’établir un cadre normatif destiné à améliorer la qualité, la durabilité et la sécurité des infrastructures publiques.

Pour le Gouvernement, ces investissements constituent un levier essentiel de croissance économique.

Dans un pays-continent où les distances représentent encore un obstacle aux échanges, le développement des routes, ponts et voiries apparaît comme un facteur déterminant pour la compétitivité, l’intégration des marchés et l’attractivité des territoires.

Flory MUSISWA

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