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RDC : l’intersyndicale de Plantations et Huileries du Congo met en garde contre un risque de déstabilisation

À Kinshasa, le climat se crispe autour de Plantations et Huileries du Congo.
Lors d’un point de presse tenu le 25 avril 2026, l’intersyndicale de cette entreprise agro-industrielle a dénoncé des « attaques répétées, mensongères et profondément malveillantes », tout en affichant un soutien « total et sans réserve » à la direction.
En première ligne, Crispin Loko Zowa, Secrétaire général du syndicat Solidaire, a appelé à recentrer le débat sur les enjeux économiques, dans un contexte qu’il juge « sensible » pour l’avenir de l’entreprise.
Capital : une recomposition qui alimente les tensions
Au cœur de la controverse, la récente évolution de l’actionnariat de Plantations et Huileries du Congo. L’État congolais, jusque-là détenteur de 23,83 % du capital (66 733 actions), s’est retiré, modifiant l’équilibre de gouvernance au profit de l’actionnaire majoritaire Straight KKM2.
Une séquence qui alimente critiques et interrogations. L’intersyndicale tente toutefois de désamorcer la polémique, en affirmant que ces opérations respectent les dispositions du droit OHADA. Pour elle, le débat ne doit pas s’enliser dans des considérations juridiques désormais tranchées, mais se concentrer sur la trajectoire économique de l’entreprise.
Recapitalisation : un choix stratégique de projection
Contrairement aux discours alarmistes évoquant un risque de faillite, les syndicats apportent une lecture plus nuancée. Sans recapitalisation, Plantations et Huileries du Congo n’aurait pas nécessairement sombré à court terme, mais aurait vu sa capacité d’investissement sévèrement limitée.
La recapitalisation est ainsi présentée comme un levier de projection plutôt que de sauvetage : modernisation des outils de production, relance des investissements et consolidation du positionnement dans la filière agro-industrielle.
Avec plus de 11 000 employés, essentiellement en zones rurales, l’entreprise demeure un acteur structurant de l’économie locale. Elle contribue à l’emploi, à la stabilité sociale et à la souveraineté alimentaire, en phase avec les orientations économiques défendues par Félix Tshisekedi.
Un équilibre fragile entre économie et sécurité
Au-delà des enjeux financiers, l’intersyndicale alerte sur les risques systémiques. Une dégradation de l’image ou de l’activité de Plantations et Huileries du Congo pourrait fragiliser les économies locales et affecter directement des milliers de ménages.
Les syndicats pointent également un risque sécuritaire latent dans les zones d’exploitation. Une contraction des activités pourrait accentuer le chômage des jeunes et nourrir des dynamiques d’instabilité.
Dans un contexte où la République démocratique du Congo cherche à renforcer son attractivité, une crise autour d’un acteur de cette envergure pourrait envoyer un signal défavorable aux investisseurs.
Protéger un actif stratégique
Face à ces enjeux, l’intersyndicale appelle les autorités à garantir la stabilité de Plantations et Huileries du Congo et à contrer ce qu’elle qualifie de campagnes de désinformation.
Le message est sans ambiguïté : au-delà des débats sur le capital, c’est la préservation d’un pilier de l’économie rurale qui est en jeu. Les syndicats préviennent qu’ils s’opposeront à toute initiative susceptible de compromettre l’avenir de l’entreprise et de ses travailleurs.
Une mobilisation élargie, symptôme d’un enjeu national
Le point de presse a également enregistré des soutiens au-delà du cadre syndical, notamment celui de Jean Francis Ilinga, venu de la Tshopo, qui a plaidé pour la stabilité de l’entreprise au nom des communautés locales.
En toile de fond, cette séquence illustre les tensions récurrentes autour des entreprises stratégiques en RDC, mais aussi un enjeu central : la confiance. Confiance des travailleurs, des communautés et, surtout, des investisseurs.
Pour l’intersyndicale, la ligne est désormais tracée : défendre Plantations et Huileries du Congo, sécuriser sa trajectoire de croissance et éviter toute dynamique de fragilisation d’un acteur clé de l’économie agro-industrielle congolaise.
Agnès KAYEMBE






















