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SOKIMO : Pistis Bononga devant les juges pour défaut de transmission des états financiers, 50 millions USD à justifier

Accusé de faute de gestion dans un dossier de présumé détournement de plus de 50 millions USD, l’ancien Directeur général de la SOKIMO, Pistis Bononga, a comparu devant la Chambre de discipline budgétaire et financière de la Cour des comptes.
Au cœur des débats, la non-transmission, dans les délais légaux, des états financiers des exercices 2022 et 2023.
L’ancien Directeur général de la Société minière de Kilo-Moto (SOKIMO), Pistis Bononga, a été entendu par la Chambre de discipline budgétaire et financière (CDBF), siégeant en premier ressort, dans une affaire qui fait grand bruit au sein des entreprises publiques.
Poursuivi pour faute de gestion, il lui est reproché de ne pas avoir transmis, dans les délais prescrits par la loi, les états financiers des exercices 2022 et 2023 à la Cour des comptes, organe supérieur de contrôle des finances publiques en République démocratique du Congo.
Lors de la phase d’instruction, le Directeur général sortant a expliqué qu’à sa prise de fonctions, aucun état financier exploitable n’était disponible.
« Disciple d’une école qui prône la bonne gestion, j’ai travaillé avec mon Directeur financier, dans le cadre de la réorganisation de la société, pour établir les états financiers », a-t-il déclaré devant les juges.
Interrogé sur sa connaissance des obligations légales envers la Cour des comptes, Pistis Bononga a reconnu qu’il ignorait cette exigence au moment des faits. Il a soutenu qu’aucune mention relative à la transmission des situations financières n’apparaissait dans les documents de remise et reprise.
Pistis Bononga a également affirmé que la Division juridique de la SOKIMO ne lui avait jamais soumis la question, expliquant n’avoir pris conscience de cette obligation qu’après avoir été saisi par le Procureur général près la Cour des comptes. Une réaction intervenue, selon lui, « hors délai ».
Pour justifier les retards dans la transmission des etats financiers de cette société de l’État, l’ex-DG a évoqué la situation sécuritaire en Ituri, province placée sous état de siège, ainsi que les difficultés logistiques.
« Il a fallu attendre jusqu’à trois mois pour trouver un vol », a-t-il indiqué, soulignant les contraintes liées au transport entre la province et Kinshasa.
À la demande du ministère public, le président de céans, Gilbert Tonduangu Kongoloa, a renvoyé l’affaire au 4 mars 2026.
La prochaine audience sera consacrée aux plaidoiries et, le cas échéant, aux conclusions du ministère public.
Ce dossier intervient dans un contexte de surveillance accrue de la gouvernance des entreprises publiques congolaises, où les exigences de transparence et de reddition des comptes se font de plus en plus pressantes. L’issue de cette procédure pourrait constituer un signal fort en matière de discipline budgétaire et financière en RDC.
Olivier KAFORO






















