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Economie

RDC : Jusqu’à -49 % sur certains produits, mais une transmission du taux de change encore inégale

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Selon le Bulletin spécial sur la variation du taux de change (CDF/USD), septembre à octobre 2025, l’appréciation du Franc congolais, passée de 2.800 à 2.200 CDF pour un dollar américain, soit environ +21 %, a entraîné une baisse généralisée des prix sur le marché de Kinshasa. Mais cette baisse, révèle la source, bien que réelle, s’est manifestée avec des intensités très variables selon les produits, traduisant une transmission incomplète du gain de change à la consommation.

Des baisses spectaculaires sur les produits importés

Les produits directement dépendants des importations ont le plus réagi à la valorisation du Franc. Les poissons congelés enregistrent des chutes allant de -15 % à -49 %, tandis que le riz importé voit ses prix baisser entre -20 % et -32 % selon les marques.

Les huiles raffinées (Regina, Oki) suivent la même tendance, autour de -25 %, tout comme certaines viandes et volailles à -15 % à -25 %. Même les matériaux de construction, comme le ciment ou les tôles, affichent des reculs notables de -16 % à -20 %.

Ces produits, qui représentent environ un tiers du panier des ménages, traduisent une répercussion quasi intégrale de l’effet de change, contribuant à une amélioration ponctuelle du pouvoir d’achat.

Des variations modérées sur les produits du quotidien

D’autres biens essentiels affichent une baisse plus mesurée, souvent inférieure à l’appréciation du CDF. Le sucre, la farine de froment, la semoule ou encore les produits laitiers importés reculent de -8 % à -20 %, tandis que le pain « Victoire » baisse d’environ -16 %.
Mais certains produits, comme les savons, le pétrole ou le charbon, varient faiblement (-5 % à +10 %). Ces écarts traduisent la rigidité structurelle des coûts (transport, énergie, marges de distribution) et une inertie persistante des prix locaux.

Des prix quasi stables pour les produits locaux

Enfin, plusieurs produits à forte composante locale, tels que les boissons et condiments, n’ont quasiment pas réagi à l’évolution du taux de change, affichant des variations entre -6 % et +6 %. Cette stagnation illustre une faible transmission du taux de change dans les circuits de production internes, parfois amplifiée par des stratégies de rétention spéculative des marges de certains commerçants.

Des écarts selon les formats : le détail moins avantagé

L’analyse par unité de mesure révèle un contraste marquant : les grands conditionnements (sacs de 25 à 50 Kg) profitent pleinement de la baisse (-20 % à -32 % pour le riz, -11 % à -16 % pour la farine), tandis que les petits formats vendus au détail (verre, kopo, kilogramme) n’enregistrent qu’une baisse limitée de -3 % à -8 %. Autrement dit, les ménages aux revenus modestes, achetant en petites quantités, bénéficient beaucoup moins de la stabilité du Franc.

Si le Franc congolais a permis un reflux des prix sur certains segments, la transmission de cet effet demeure inégale et socialement sélective.

Les consommateurs les plus précaires, qui achètent au jour le jour et en petites unités, ne ressentent qu’à peine les bénéfices de la valorisation monétaire.

Les chiffres traduisent un succès monétaire, mais la réalité du marché rappelle que la stabilité du taux de change ne garantit pas encore la stabilité du pouvoir d’achat.

Flory MUSISWA

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