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XIVe Congrès de l’Union des Architectes d’Afrique : Donatien Kasseyet Kalume appelle à une résilience des villes « par le bon sens »

La ville de Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo (RDC), a vibré au rythme de l’architecture africaine les 27 et 28 août 2025, en accueillant le XIVᵉ Congrès de l’Union des Architectes d’Afrique (UAA).
Venus de 44 pays, des architectes, urbanistes, chercheurs et décideurs se sont réunis autour d’un thème central : « La résilience des villes africaines face à l’exploitation minière, industrielle et aux catastrophes naturelles ».

En clôturant ces assises, le Président de l’UAA, Donatien Kasseyet Kalume, a fait savoir que la résilience urbaine ne se résume pas aux milliards investis, mais repose avant tout sur le bon sens.
« La résilience ne se mesure pas en dollars. Elle commence par une réflexion en amont et par le bon sens. », a-t-il déclaré devant les délégations présentes à cette messe continentale des architectes.
Le propos de Donatien Kasseyet a trouvé un écho particulier à Kinshasa, récemment frappée par des pluies diluviennes. Le boulevard Lumumba, vers le pont Ndjili, a été englouti par les eaux, causant la destruction de dizaines de maisons et la perte de nombreuses vies humaines.
Pour lui, ces drames révèlent moins un manque de moyens financiers qu’un déficit d’anticipation et de discipline collective.
La Banque mondiale a également tiré la sonnette d’alarme. Dans un rapport sur les risques liés au climat et aux catastrophes naturelles, l’institution rappelle que des événements tels que l’ouragan Matthew ou les inondations récurrentes en Afrique menacent directement les villes et leurs quatre milliards d’habitants. Sans politiques fortes, d’ici 2030, 77 millions de citadins supplémentaires pourraient basculer dans la pauvreté.

De ce Congrès, trois axes de réflexion majeurs se dégagent :
1. Changer les comportements : intégrer la prévention dans chaque projet urbain, de la conception à l’exécution ;
2. Respecter les plans d’urbanisme : bâtir selon les normes établies afin de limiter l’anarchie et l’improvisation ;
3. Instaurer l’ordre dans l’aménagement : bannir la construction sauvage et renforcer la gouvernance urbaine.
« Combien coûte le bon sens ? », s’est interrogé Donatien Kasseyet.
Pour l’UAA, l’Afrique doit sortir de la dépendance vis-à-vis de modèles importés et inventer sa propre voie vers une résilience adaptée à ses réalités.
Avec plus de 15 millions d’habitants, Kinshasa est l’une des villes les plus peuplées du continent. Mais près de 70 % de sa population vit dans des quartiers informels, souvent dépourvus d’infrastructures de base. L’urbanisation rapide, combinée au changement climatique, rend la capitale congolaise particulièrement vulnérable.
Les experts présents au Congrès ont souligné plusieurs pistes pour la RDC :
– Renforcer la formation des architectes et urbanistes locaux ;
– Promouvoir des infrastructures adaptées au climat tropical ;
– Impliquer les communautés dans la planification urbaine afin d’éviter les constructions anarchiques.
Le message de l’UAA est clair: La résilience urbaine africaine ne doit pas être une copie des solutions occidentales, mais une création originale, ancrée dans les réalités locales. Il s’agit d’un changement de paradigme, gouverner autrement, bâtir autrement et penser autrement.

Pour Donatien Kasseyet, c’est par ce « bon sens » que l’Afrique construira des villes capables de résister aux chocs de demain et de répondre aux aspirations de ses habitants.
Flory MUSISWA
























