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RDC : la Banque mondiale mise sur la réforme de la SNEL pour porter l’accès à l’électricité à 60 % d’ici 2030

La République démocratique du Congo veut accélérer sa transition énergétique.
Avec un taux d’accès à l’électricité estimé à seulement 21 %, l’un des plus faibles du continent, le pays mise sur un vaste programme d’investissements et de réformes pour porter ce taux à 60 % d’ici 2030. Un objectif soutenu par la Banque mondiale, qui a fait du secteur de l’énergie le troisième pilier de son portefeuille en RDC.
S’exprimant lors d’un café de presse organisé ce jeudi 2 juillet 2026 à Kinshasa, Albert G. Zeufack, Directeur des opérations de la Banque mondiale pour la RDC, l’Angola et São Tomé-et-Príncipe, a indiqué que 11 % des engagements de l’institution dans le pays sont désormais consacrés au secteur énergétique.
« La troisième grande concentration de notre portefeuille, c’est l’énergie. Ce n’est pas seulement Inga, c’est aussi l’accès à l’électricité à travers le programme M300, le projet Agri et les réformes qui permettront à la RDC de faire passer son taux d’accès à l’électricité de 21 % à 60 %, conformément au compact énergétique élaboré par la RDC elle-même. », a-t-il déclaré.
Pour la Banque mondiale, l’amélioration de l’accès à l’électricité constitue un impératif pour soutenir la croissance économique, renforcer la compétitivité des entreprises et améliorer les conditions de vie des populations.
Albert Zeufack rappelle que la RDC accuse un retard important par rapport au reste du continent.
Alors que le taux moyen d’accès à l’électricité en Afrique subsaharienne atteint 42 %, celui de la RDC reste limité à 21 %.
« Déjà, porter le taux d’accès de la RDC à la moyenne d’Afrique subsaharienne, c’est-à-dire le doubler, devrait être l’urgence absolue », a-t-il insisté.
Selon lui, cet objectif ne pourra être atteint uniquement grâce aux investissements dans les infrastructures. La poursuite des réformes structurelles, notamment celle de la Société nationale d’électricité (SNEL), est jugée indispensable.
Au-delà du programme Mission 300 (M300) et des autres projets financés par la Banque mondiale, l’institution considère que la modernisation de la SNEL demeure un levier essentiel pour garantir une amélioration durable de l’offre électrique.
L’enjeu porte autant sur la gouvernance que sur la performance opérationnelle de l’entreprise publique, afin d’assurer une meilleure production, un transport plus fiable et une distribution plus efficace de l’électricité.
Cette vision rejoint celle du gouvernement congolais.
Lors de la DRC Mining Week 2026, le Ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, avait souligné le paradoxe énergétique de la RDC : un pays doté de l’un des plus grands potentiels hydroélectriques au monde, mais dont la production effective plafonne à environ 2 100 MW, une capacité largement absorbée par les besoins du secteur minier.
Des investissements attendus pour transformer le secteur
Pour atteindre l’objectif de 60 % d’accès à l’électricité d’ici 2030, la RDC devra mobiliser d’importants financements tout en accélérant les réformes du secteur.
La Banque mondiale entend accompagner cette dynamique à travers le financement des infrastructures, l’appui aux projets d’électrification et le soutien aux réformes institutionnelles.
Le défi est de taille, mais il est considéré comme déterminant pour lever l’un des principaux freins au développement économique de la RDC.
Pour les partenaires techniques et financiers comme pour le Gouvernement, l’accès à une énergie fiable apparaît désormais comme une condition essentielle à l’industrialisation, à la création d’emplois et à l’amélioration du climat des affaires.
AGNES KAYEMBE
























