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RDC : la réforme portée par Prince Kangila relance le débat sur la protection des travailleurs domestiques

En proposant de créer un régime juridique spécifique pour les travailleurs domestiques au sein du Code du travail congolais, le député national Prince Kangila Kahwela remet au premier plan une question qui figure depuis plusieurs années parmi les préoccupations majeures de l’Organisation internationale du Travail (OIT) : celle de la protection d’une catégorie de travailleurs essentielle à l’économie, mais encore insuffisamment encadrée dans de nombreux pays.
Déposée à l’Assemblée nationale au mois de mai 2026, l’initiative concerne notamment les chauffeurs personnels, les nounous, les femmes de ménage et les gardiens. Des professions devenues indispensables au fonctionnement de milliers de ménages urbains, mais dont l’exercice reste souvent marqué par l’absence de contrats formels, une couverture sociale limitée et des mécanismes de protection encore insuffisants.
Cette réalité n’est pas propre à la RDC. Selon l’OIT, le travail domestique emploie plus de 75 millions de personnes à travers le monde. L’organisation estime également que 81 % de ces travailleurs exercent encore dans l’informalité, sans bénéficier pleinement des protections reconnues aux autres catégories professionnelles.
Face à ce constat, l’institution onusienne plaide depuis plusieurs années pour une meilleure reconnaissance du travail domestique à travers l’adoption de cadres juridiques adaptés, la formalisation des relations de travail, l’accès à la protection sociale ainsi que la professionnalisation progressive du secteur. Ces orientations ont notamment été consacrées par la Convention n°189 de l’OIT sur les travailleuses et travailleurs domestiques. Cette convention encourage notamment les États à garantir des contrats clairs, des temps de repos, une rémunération régulière et un accès à la sécurité sociale.
C’est précisément dans cette logique que s’inscrit la proposition de loi portée par Prince Kangila.
Lors du dépôt du texte, l’élu de Tshangu expliquait avoir voulu « mieux encadrer les relations entre employeurs et travailleurs domestiques » et contribuer à sortir progressivement ce secteur de l’informalité.
Selon lui, « aujourd’hui, c’est un secteur qui évolue dans l’informel et nous avons voulu formaliser cela ».
Dans de nombreux pays africains, où l’emploi informel demeure largement dominant, la mise en œuvre de ces principes reste un défi.
La RDC ne fait pas exception. En proposant d’inscrire davantage de garanties sociales et professionnelles dans la législation nationale, l’initiative ouvre un débat qui dépasse le seul cadre du travail domestique.
Au-delà de la protection d’une profession souvent discrète mais essentielle, cette réforme pose la question plus large de l’intégration progressive de millions de travailleurs informels dans un système de droits, de sécurité et de reconnaissance professionnelle. Une évolution qui rejoint les orientations défendues par l’OIT pour construire un marché du travail plus inclusif et mieux adapté aux réalités contemporaines.
Il sied de rappeler que la réforme portée par Prince Kangila vise notamment à introduire dans le Code du travail congolais des dispositions spécifiques encadrant le travail domestique. Le texte entend clarifier les conditions d’embauche, les modalités de rémunération, les droits et obligations des employeurs et des employés domestiques ainsi que les mécanismes de protection sociale applicables à cette catégorie de travailleurs.
Si elle est adoptée, cette proposition de loi constituerait l’une des premières tentatives d’encadrement juridique spécifique du travail domestique en République démocratique du Congo.
Flory MUSISWA
























