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RDC : les dépenses de l’État franchissent 3.249 milliards de francs congolais

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Les finances publiques congolaises ont enregistré un nouveau déséquilibre en juin 2026. Alors que les recettes de l’État sont restées quasiment conformes aux objectifs budgétaires, les dépenses ont nettement dépassé les prévisions, renforçant la pression sur la trésorerie publique et les besoins de financement du Gouvernement.

Selon les dernières données de la Banque centrale du Congo (BCC), les dépenses de l’État se sont établies à 3.249 milliards de francs congolais à fin juin, contre une programmation mensuelle de 2.636,4 milliards de CDF, soit une hausse de 23,2 %.

Cette évolution confirme une accélération du rythme des décaissements observée depuis le début de l’année.

Du côté des recettes, les régies financières ont maintenu une performance globalement satisfaisante. Elles ont mobilisé 2.128 milliards de CDF, représentant 99,7 % des 2.134,6 milliards attendus dans le plan mensuel de trésorerie. Cette stabilité témoigne d’une capacité de mobilisation des ressources qui demeure relativement solide malgré un environnement économique exigeant.

Dans le détail, la Direction générale des impôts (DGI) a enregistré un recul par rapport à ses objectifs, avec 854,9 milliards de CDF collectés contre 1.042,7 milliards programmés. Ce manque à gagner a toutefois été largement compensé par les performances de la Direction générale des douanes et accises (DGDA), qui a mobilisé 723 milliards de CDF contre 613,9 milliards prévus, ainsi que par la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD), dont les recettes ont atteint 550,1 milliards de CDF, au-dessus de la cible fixée à 478,1 milliards.

L’augmentation des dépenses est principalement imputable à la masse salariale de l’État. Les rémunérations des agents et fonctionnaires ont absorbé 1.260,9 milliards de CDF, un niveau supérieur aux prévisions budgétaires. À cela s’ajoutent 92,5 milliards de CDF consacrés au service de la dette et aux frais financiers.

Cette configuration révèle un enjeu budgétaire majeur : malgré une mobilisation des recettes proche des objectifs, leur progression ne suffit plus à absorber l’accélération des dépenses publiques. Le Trésor est ainsi contraint de recourir à des financements complémentaires pour couvrir ses besoins de liquidité.

Sur le plan macroéconomique, cette situation appelle à une vigilance accrue. Si les investissements publics et les dépenses sociales peuvent soutenir l’activité économique, une augmentation durable des dépenses courantes, notamment salariales, sans progression équivalente des recettes, risque d’accentuer les tensions sur les équilibres budgétaires et de limiter les marges de manœuvre de l’État.

Au terme du premier semestre 2026, les finances publiques congolaises illustrent ainsi le principal défi de la politique budgétaire : préserver la dynamique des dépenses prioritaires tout en consolidant durablement les recettes afin de réduire la dépendance aux financements de trésorerie et de renforcer la soutenabilité des finances publiques.

Mitterrand MASAMUNA

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