Finance
RDC : Les dépenses de personnel projetées à 13.428,5 milliards de CDF soit 25 % du budget général en 2026

Dans le cadre de la loi des finances de l’exercice 2026, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) prévoit des dépenses de personnel de l’ordre de 13.428,5 milliards de francs congolais (CDF), soit environ 4,6 milliards USD, représentant 25 % des dépenses totales du budget général.
Cette enveloppe budgétaire, en hausse de 11 % par rapport à l’année 2025 où elle s’établissait à 12 097,4 milliards de CDF, intègre plusieurs actions jugées contraignantes pour l’administration publique.
Outre le service des salaires existants, le Gouvernement indique que cette somme prendra en charge la mécanisation des nouvelles unités et des non payés, la poursuite de la prise en compte des grilles barémiques, un réajustement des primes permanentes ainsi que la mise en œuvre des engagements conclus avec les partenaires sociaux et bancaires.
Selon les autorités, ce renforcement de la masse salariale vise à améliorer la performance et la qualité des services publics tout en respectant les engagements gouvernementaux.
La détermination exacte du nombre de fonctionnaires actifs en RDC reste un sujet complexe en raison des réformes récentes dans la fonction publique.
Après des années de contrôle et de nettoyage du fichier de l’administration, le Vice-Premier Ministre en charge de la Fonction publique avait indiqué qu’un effectif d’environ 795.000 agents et fonctionnaires de l’État avait été identifié à la suite d’une vaste opération de vérification biométrique et de suppression des doublons, contre plus de 1,4 million précédemment déclarés.
Cette opération visait à maîtriser les effectifs et assurer une meilleure gestion de la masse salariale selon les autorités.
D’autres sources gouvernementales font état d’environ 700.000 agents numérisés et identifiés dans l’administration publique, résultat d’un processus de certification biométrique qui a permis d’assainir le fichier de paie et de réduire les emplois fictifs ou irréguliers.
Un des axes forts du budget des dépenses de personnel pour 2026 concerne les départs à la retraite programmés.
Après des années de blocage du processus de mise à la retraite des fonctionnaires, le Gouvernement a annoncé qu’en 2026 une mise à la retraite significative des fonctionnaires de l’État est prévue dans le cadre d’un plan décennal de réforme de la fonction publique couvrant la période 2025-2035.
En décembre 2025, 2.000 agents de la fonction publique ont déjà été mis à la retraite dans une première vague organisée, comprenant des cadres, des directeurs, des chefs de division et d’autres catégories d’agents, tandis que les autorités ont annoncé que dès janvier 2026, au moins 30.000 départs à la retraite seraient effectués chaque année.
Ces actions s’inscrivent dans un plan stratégique visant à rajeunir l’administration, à réduire les coûts à long terme et à assurer un départ digne pour les agents éligibles, après des décennies de retards dans l’exécution des retraites.
Selon le Gouvernement, plus de 314.000 agents remplissent actuellement les conditions légales de mise à la retraite et sont programmés pour un départ progressif sur la prochaine décennie.
Pour les analystes des finances publiques, l’accroissement des dépenses de personnel et la mise en œuvre des retraites constituent à la fois une obligation sociale et un défi financier.
Le financement des départs à la retraite, l’ajustement des primes et la pérennisation de la masse salariale représentent une pression notable sur le budget général.
Des mécanismes innovants, notamment le recours à des partenariats avec des banques pour avancer les indemnités de fin de carrière, ont été envisagés pour étaler les coûts dans le temps, tout en respectant les contraintes budgétaires.
Mitterrand MASAMUNA
























