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RDC : Une banque maritime régionale annoncée pour 2026

C’est une initiative qui pourrait bien redessiner les contours de la souveraineté logistique et économique en Afrique de l’Ouest et du Centre.
Le Vice-Premier Ministre en charge des Transports, Jean-Pierre Bemba, a reçu le Secrétaire Général de l’OMAOC, Dr Paul Adalikwu, accompagné d’une délégation d’experts venus du Cameroun, de la Côte d’Ivoire et de la RDC, pour jeter les bases d’un projet à la fois structurant et ambitieux : la création d’une banque maritime régionale de développement, dont le lancement est prévu au premier trimestre 2026, avec son siège à Abuja, au Nigeria.

« Cette institution est appelée à octroyer aux États membres des prêts à taux d’intérêt à un seul chiffre pour soutenir leurs projets d’infrastructures maritimes », a souligné Dr Adalikwu.
Un levier de souveraineté économique
Au-delà d’un simple outil de financement, cette future banque se veut un levier de transformation structurelle. Elle permettra aux États membres de disposer de ressources adaptées à la modernisation des ports, au développement des chaînes logistiques intégrées, et à l’émergence d’un écosystème portuaire performant.
Dans un contexte où les pays africains sont encore fortement dépendants de financements extérieurs aux conditions rigides, la création d’un instrument endogène de développement maritime s’inscrit dans une logique de réappropriation stratégique de leur espace économique.
Cap sur la sécurité fluviale
Dans un second temps, la délégation a évoqué la problématique cruciale de la sécurité fluviale en République Démocratique du Congo, marquée par une série d’accidents tragiques ces dernières années. À cet effet, une conférence régionale sur la sécurité des ferries et de la navigation intérieure sera organisée à Kinshasa au deuxième trimestre 2026, en partenariat avec les agences nationales, les opérateurs fluviaux et les bailleurs de fonds spécialisés.
« Cette conférence sera l’occasion de réfléchir collectivement à un cadre réglementaire harmonisé, à la certification des embarcations, et à la formation des équipages », a précisé le Secrétaire Général de l’OMAOC.
Vers un corridor bleu africain
À l’heure où l’Afrique se projette vers une plus grande intégration économique à travers la Zone de libre-échange continentale (ZLECAF), la structuration d’un secteur maritime robuste devient une priorité.
La future banque maritime permettra d’alimenter des corridors bleus de croissance, connectant les arrière-pays enclavés aux hubs portuaires régionaux.
Pour la RDC, dont le réseau fluvial est le plus vaste d’Afrique centrale, il s’agit là d’un enjeu d’équité territoriale et de désenclavement économique.
Un cadre congolais du secteur maritime confie à zoom-éco.net : « Cette dynamique traduit une volonté de rompre avec les modèles de dépendance, pour bâtir une économie logistique ancrée sur nos réalités. C’est une opportunité historique pour passer de la gestion de la pénurie à la projection stratégique. »

Prochaine étape : un comité technique transnational
Les discussions ont abouti à la mise en place d’un comité technique mixte, chargé de définir les modalités opérationnelles, les mécanismes de gouvernance et le plan de capitalisation de la future banque.
La RDC s’est dite prête à apporter son expertise et à accueillir des activités pilotes sur ses axes fluviaux stratégiques, notamment le corridor Kinshasa–Mbandaka et le tronçon Ubundu–Kisangani.
Flory MUSISWA
























