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Finance

Loi des finances rectificative 2026 : le Gouvernement revoit ses priorités budgétaires face aux nouvelles pressions économiques

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Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a clôturé, le lundi 18 mai 2026 à Kinshasa, les travaux techniques consacrés à la finalisation de l’avant-projet de loi de finances rectificative de l’exercice 2026.

Organisées au Centre financier de Kinshasa sous la coordination du Vice-Premier Ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, ces assises visent à adapter le budget national aux nouvelles réalités économiques, sécuritaires et sociales du pays.

Promulguée il y a moins de cinq mois, la loi de finances initiale 2026 avait été arrêtée à 54.335,8 milliards de francs congolais, soit près de 22 milliards de dollars américains. Elle reposait notamment sur des prévisions de croissance économique de 5,3 %, une inflation moyenne de 4,4 % ainsi qu’un taux de change moyen de 2.467 francs congolais pour un dollar américain.

Mais depuis le début de l’année, plusieurs facteurs sont venus modifier les équilibres budgétaires initiaux.

Les autorités congolaises évoquent principalement la persistance des dépenses sécuritaires liées à la crise dans l’Est du pays, les tensions géopolitiques internationales, la volatilité des prix pétroliers et l’apparition de nouvelles priorités d’investissement public.

Dans ce contexte, les discussions récemment engagées entre le Gouvernement congolais et le Fonds monétaire international ont abouti à un accord préliminaire au niveau des services dans le cadre de la troisième revue du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC).

L’institution financière internationale estime que le déficit budgétaire intérieur a dépassé les prévisions à fin 2025, malgré des performances jugées satisfaisantes dans la mobilisation des recettes publiques.

Le futur collectif budgétaire devrait ainsi intégrer plusieurs ajustements macroéconomiques.

Selon Adolphe Muzito, le Gouvernement vise désormais un objectif de 16 milliards de dollars américains de ressources propres dans le cadre de cette loi de finances rectificative. Cette ambition traduit la volonté des autorités d’élargir l’assiette fiscale, de renforcer la mobilisation des recettes et d’améliorer les capacités de financement de l’État.

Le FMI recommande également l’intégration de mesures correctives portant sur l’accroissement des recettes intérieures, la rationalisation des dépenses non prioritaires ainsi que le financement de nouveaux investissements publics grâce, notamment, aux ressources issues de l’eurobond inaugural récemment émis par la RDC.

Au cours des travaux techniques, les experts de quatorze ministères sectoriels ont présenté leurs projets prioritaires aux équipes du Budget et du Plan. Les échanges ont porté sur des secteurs considérés comme stratégiques, notamment l’Agriculture, la Pêche et Élevage, le Développement rural, l’Entrepreneuriat et les PME, le Commerce extérieur, l’Aménagement du territoire, la Formation professionnelle, le Genre, Famille et Enfant, les Affaires foncières, les Infrastructures et Travaux publics, le Plan, le Portefeuille ainsi que la Justice.

Lors de la première phase des consultations, les ministères de la Défense nationale, de l’Intérieur, de la Santé, de l’Éducation nationale, des Hydrocarbures, des Transports et de l’Industrie avaient également participé aux travaux.

Selon les orientations gouvernementales, cette future loi de finances rectificative devra permettre de concentrer les ressources publiques sur une vingtaine de secteurs prioritaires capables de produire des effets rapides sur la croissance économique, l’emploi et les conditions de vie des populations.

Le Vice-Ministre du Budget, Élysée Bokumwana, venu évaluer l’état d’avancement des travaux, a insisté sur la nécessité de transmettre rapidement les conclusions afin qu’elles soient examinées lors d’une réunion avec la Première Ministre Judith Suminwa avant la tenue d’un Conseil des ministres extraordinaire prévu ce mercredi.

Au-delà d’un simple ajustement comptable, cette loi de finances rectificative apparaît comme un véritable instrument de réorientation budgétaire dans un contexte de fortes pressions sur les finances publiques.

L’Exécutif congolais cherche désormais à préserver les équilibres macroéconomiques tout en maintenant les investissements publics jugés essentiels pour soutenir l’activité économique et répondre aux attentes sociales.

Flory MUSISWA

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