Quantcast
Connect with us

a la une

RDC : Le SNVC projette une grève pour dénoncer l’exercice du petit commerce par les étrangers

Published

on

Le Syndicat national des vendeurs du Congo (SNVC) compte observer un mouvement de grève dès ce mardi 28 septembre 2021 sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo (RDC) en signe de protestation contre l’exercice du petit commerce par les étrangers pourtant prohibé par la loi.

Le SNVC annonce ainsi la fermeture de tous les magasins dès ce mardi 28 septembre 2021 à travers le pays.

Selon le Président national du syndicat, Guylain Lokofo, l’Etat congolais doit tout mettre en œuvre pour faire respecter la loi relative à l’exercice du petit commerce en RDC. Au cas contraire, pense-t-il, c’est tout le système économique qui risque de s’écrouler.

« La loi consacre l’exclusivité de l’exercice du petit commerce aux seuls nationaux. Les étrangers, eux, sont obligés de ne pratiquer que la vente en gros au terme de la loi. Nous ne comprenons pas pourquoi les non congolais doivent continuer impunément à exercer le petit commerce, au vu et au su de tous. Nous pensons qu’il n’est jamais tard pour mieux faire. Que l’Etat fasse appliquer la loi et punir tous les contrevenants conformément à la loi », a déclaré Guylain Lokofo.

Il faut noter qu’en RDC, l’Ordonnance-loi n°79-021 du 2 août 1979 ainsi que plusieurs arrêtés ministériels interdisent l’exercice du petit commerce par les étrangers. Curieusement, le secteur du petit commerce est majoritairement tenu par des Indiens, Chinois, Libanais, Pakistanais et Ouest-africains (Maliens, Sénégalais, Guinéen, Nigérian, etc.), en violation manifeste de la loi.

A la lumière de l’article 2 de la loi de 1979, on entend par petit commerce, « le commerce de toutes denrées, marchandises ou objets de consommation courante effectué par la vente ou l’offre de vente à l’acheteur, soit au domicile même du vendeur, soit de porte en porte ou de place en place, soit encore sur la voie publique ou sur les marchés publics sauf si l’échoppe ou l’étal placé sur la voie publique constitue le prolongement d’un magasin ».

Au cours du Conseil des ministres du 11 septembre 2020, sur instruction du Président congolais, Félix Tshisekedi, des ministres du Gouvernement ont été chargés de « faire respecter » cette réglementation sur le petit commerce et le commerce de détail en vue de promouvoir le classe moyenne en RDC. Jusqu’à ce jour, aucun résultat.

Le Président de la République Tshisekedi a motivé son instruction par des revendications des tenanciers des chambres froides et autres vendeurs des produits alimentaires, qui réclamaient notamment le respect strict des lois régissant l’exercice du petit commerce et du commerce de détail en RDC.

« …Dans la pratique, l’on constate que les grands importateurs et autres grossistes majoritairement étrangers, continuent à exercer le commerce de détail et le petit commerce au mépris des textes en vigueur accordant cette exclusivité aux Nationaux. Cette situation qui asphyxie les congolais exerçant dans ces secteurs, est de nature à mettre en péril la paix sociale et l’éclosion d’une classe moyenne nationale. C’est pourquoi le Président de la République invite le Gouvernement, plus particulièrement les ministres concernés, à poursuivre les efforts déjà engagés, pour faire respecter cette réglementation, en associant à leurs actions les associations patronales concernées et en proposant des projets de réformes rendues nécessaires par les contingences de l’heure », indique le compte-rendu du gouvernement susmentionné.

Signalons par ailleurs que l’incapacité de l’Etat congolais à mettre de l’ordre dans l’exercice du petit commerce remonte d’il y a plus de 40 ans.

Quelques actions ont été initiées ça et là, sous les différents Gouvernements. Des moratoires s’en sont suivis. Résultat : fiasco.

Les étrangers continuent donc d’exercer le petit commerce sous la barbe des autorités compétentes. Or, il n’y a que le pouvoir public qui peut faire appliquer cette loi et mettre de l’ordre.

Olivier KAFORO

Advertisement
Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Advertisement

Edito