Economie
Forum économique RDC–Angola : Le corridor de Lobito au cœur d’une stratégie pour briser les distances et intégrer les marchés

À l’occasion du troisième Forum économique entre la République démocratique du Congo (RDC) et l’Angola, la question des infrastructures de transport et de communication s’est imposée comme un levier central pour accélérer l’intégration régionale et réduire l’extraversion des économies.
Réunis autour du thème « Stratégie de développement des infrastructures sous-régionales : comment renforcer l’intégration et minimiser l’extraversion », experts, décideurs publics et acteurs privés ont convergé vers un constat partagé : sans réseaux de transport performants et interconnectés, l’Afrique australe peine à libérer son potentiel économique.
Au centre des échanges, le corridor de Lobito s’affirme comme un projet structurant.
S’étendant de l’Angola à la RDC, en passant par la Zambie, ce vaste réseau combinant chemins de fer, routes et plateformes logistiques pourrait transformer en profondeur les échanges commerciaux dans la sous-région, avec un impact potentiel sur près de 40 millions de personnes.

Pour Jean-Paul Mbaya, expert congolais en douane, l’enjeu est clair : « L’ennemi du marché, c’est la distance ». Une réalité particulièrement prégnante dans des économies où les chaînes logistiques restent vulnérables. Réduire la distance, c’est non seulement accélérer les flux de marchandises, mais aussi préserver la valeur des produits et améliorer la compétitivité globale.
Au-delà des infrastructures physiques
Les intervenants ont insisté sur un point essentiel : les infrastructures « dures » ne suffisent pas. Routes et rails doivent être accompagnés d’« infrastructures douces », incluant la digitalisation des procédures, l’innovation technologique et la modernisation des services logistiques.
L’objectif est de créer un écosystème fluide, capable de connecter efficacement les zones de production aux marchés de consommation, tout en réduisant les délais et les coûts de transaction.
Parmi les principaux obstacles identifiés figurent les lourdeurs administratives et la multiplicité des procédures aux frontières.
Les experts appellent à une harmonisation des règles douanières entre les pays concernés, condition indispensable pour lever les barrières tarifaires et non tarifaires.
Sans cette convergence réglementaire, les gains attendus des investissements dans les infrastructures risquent de rester limités.
Autre enjeu majeur : instaurer un climat propice à la concurrence. Un marché ouvert, encadré par des règles claires et stables, permettrait d’améliorer l’efficacité des opérateurs et de faire baisser les coûts logistiques. Cela suppose un renforcement des cadres institutionnels, une meilleure coordination des politiques publiques et une stabilité réglementaire capable de rassurer les investisseurs.

Le rôle moteur du secteur privé
Le secteur privé est appelé à jouer un rôle déterminant dans la concrétisation du corridor de Lobito.
Partenariats public-privé, innovations logistiques et investissements ciblés constituent autant de leviers pour accélérer la mise en œuvre du projet.
« Aucun acteur ne peut réussir seul », ont rappelé plusieurs intervenants, soulignant la nécessité d’une collaboration étroite entre États, entreprises et partenaires techniques.
Un projet au service des populations
Au-delà des considérations économiques, le corridor de Lobito est également perçu comme un vecteur de développement inclusif.
Création d’emplois, amélioration de l’accès aux marchés et dynamisation des territoires figurent parmi les retombées attendues.
À l’heure où l’Afrique cherche à renforcer son intégration économique, une conviction s’impose : casser la distance, c’est bien plus qu’un défi logistique. C’est une condition essentielle pour bâtir un marché régional dynamique, accessible et tourné vers l’avenir.
Olivier KAFORO






















