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Kinshasa : hausse de prix de certains produits alimentaires sur le marché !

A l’approche des fêtes de fin d’année, il s’observe une tendance haussière des prix de certains produits alimentaires sur le marché de la ville de Kinshasa. C’est le cas des haricots, pommes de terre, braise, cuisses de poulet et du poisson salé (makayabu).
D’après le constat fait par Zoom Eco à travers les marchés de la capitale (UPN, Selembao, Zango), ces prix ont augmenté progressivement à un rythme lent depuis près de cinq mois.
Il en ressort qu’au cours de cette période, le prix d’un sac d’haricots est parti de 120 USD pour se négocier actuellement à 180 USD. Un kilogramme de pommes de terre se vend à 3 000 CDF alors qu’il était à 2 000 CDF. Un carton de poisson salé qui se vendait à 100 dollars s’achète maintenant à 130 dollars américains. Le prix d’un carton de cuisses de poulet passe de 27 000 CDF à 30 000 CDF. Le sac de braise aussi s’achète actuellement à 30 000 CDF alors qu’il ne coûtait que 25 000 CDF.
D’après des vendeurs de ces produits dont le haricot, cette hausse est liée à la période culturale dans les centres de production où les paysans sont au stade des semis pour une récolte dans trois ou quatre mois, ainsi que la dégradation des certaines routes.
Une occasion pour donner de la matière à réflexion aux agriculteurs et éleveurs, et au ministère de l’Agriculture pour trouver les moyens de faire des produits alimentaires non saisonnier comme c’est le cas dans d’autres pays.
Pour les autres vivres frais et non frais, des vendeurs évoquent les effets d’une légère accélération de la dépréciation du franc congolais par rapport à la devise américaine sur le marché de change pour justifier la révision à la hausse des prix. Un dollar américain se change à 1 690 CDF voire 1 710 CDF au marché parallèle alors qu’il équivalait 1 660 CDF ou 1 666 CDF il y a peu.
Effectivement, le Comité de politique monétaire a fait état, lors de sa réunion du 8 novembre dernier, d’une légère accélération du rythme de formation des prix sur le marché des biens et services.
« En rythme mensuel, le taux d’inflation s’est situé à 0,42% au mois d’octobre contre 0,37% le mois précédent, portant le cumul à 3,5% contre 6,7% à la période correspondante de 2018 », avait – il indiqué dans son compte-rendu.
L’analyse d’experts du secteur des finances tend à confirmer que cette inflation est justifiée par les pressions habituellement observées au dernier trimestre de chaque année. Celles-ci sont sous-tendues par les besoins des opérateurs économiques de constituer des stocks importants pour faire face à la hausse de la demande des biens et services en fin d’année.
A RE(LIRE) : 2019 pourrait se clôturer avec un taux d’inflation d’environ 4%
Au demeurant, cette situation complique les calculs des ménagères qui voient leurs paniers se vider du contenu si elles n’ont pas d’argent à suppléer pour garder la même quantité des produits alimentaires achetés régulièrement.
En d’autres termes, il s’agit d’une perte de pouvoir d’achat pendant que le niveau des revenus reste statique.
« On nous dit que pays n’a pas d’argent et la vie devient de plus en plus chère. C’est terrible ! On ne sait pas comment on s’en sortira avec nos familles surtout que les festivités approchent aussi », a commenté une ménagère.
Il est temps pour la Rd Congo d’arrêter de tourner autour du pot pour lancer la diversification de son économique et d’asseoir une véritable industrie agro-alimentaire intégrant toute la chaine de valeurs.
D’après des analystes, cela aura pour avantage : la disponibilité des denrées alimentaires sur le marché, la réduction sensible des importations qui sont évaluées actuellement à plus de 1,5 milliards de nourritures (ce qui fait échapper les devises à l’Etat et rend dépendant le peuple des produits importés), la consommation des produits made in DRC et la relance de l’économie nationale.
Pour y parvenir, cela nécessite un Plan stratégique de développement à moyen et long termes avant toute mobilisation des ressources tant humaines, matérielles que financières.
Agnès KAYEMBE
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