Economie
RDC : l’Etat perd 7,5 milliards USD chaque année suite à l’exportation illicite de l’or artisanal

La République démocratique du Congo continue de subir d’importantes pertes financières liées à l’exportation illicite de l’or artisanal.
Selon les chiffres avancés par DRC Gold Trading SA, près de 50 tonnes d’or échappent chaque année aux circuits officiels, représentant un manque à gagner estimé à 7,5 milliards de dollars américains pour l’économie nationale.
Ces révélations ont été faites par Joseph M. Kazibaziba, Directeur Général de la société publique, dans un extrait de vidéo diffusé sur le compte X de l’entreprise.
Le responsable a dressé un état des lieux préoccupant du secteur aurifère artisanal, tout en mettant en avant les efforts engagés pour récupérer une partie de cette production qui alimente encore largement les réseaux de fraude transfrontaliers.
Selon lui, la RDC exportait officiellement moins d’une tonne d’or artisanal avant la mise en place des mécanismes actuels de traçabilité et d’encadrement.
« La RDC a exporté moins de 1000 kilos d’or, pour un pays qui perd frauduleusement plus de 50 tonnes chaque année », a-t-il déclaré.
Le Directeur Général souligne toutefois une progression enregistrée par son entreprise au cours des trois dernières années.
DRC Gold Trading SA affirme avoir exporté plus de 11 tonnes d’or artisanal durant cette période, permettant, selon ses estimations, de réinjecter plus de 1,5 milliard de dollars dans le circuit économique officiel.
Malgré cette avancée, Joseph M. Kazibaziba reconnaît que la fraude demeure largement incontrôlée.
D’après ses déclarations, plus de 100 tonnes d’or artisanal auraient quitté illicitement le territoire congolais au cours des trois dernières années.
« Nous n’avons même pas endigué la fraude à 10 % », a-t-il admis, évoquant un phénomène profondément enraciné dans plusieurs provinces minières du pays.
L’entreprise publique mise désormais sur l’extension de ses activités dans différentes zones d’exploitation artisanale afin d’augmenter les volumes captés par les circuits légaux.
Le dirigeant estime que le passage de 25 kilos exportés auparavant à 11 tonnes aujourd’hui constitue « un pas de géant » vers la formalisation du secteur.
Au-delà de la lutte contre la contrebande, DRC Gold Trading SA ambitionne également de transformer la RDC en un acteur majeur du marché aurifère régional. Le projet prévoit notamment la création d’une raffinerie nationale certifiée aux standards de la London Bullion Market Association (LBMA), une certification internationale considérée comme une référence dans le commerce mondial de l’or.
Joseph M. Kazibaziba a également évoqué la perspective de la création d’un marché congolais de l’or, avec une cotation basée sur le franc congolais. Une initiative qui viserait à renforcer la souveraineté financière du pays dans le commerce des minerais précieux.
« Nous voulons avoir notre propre marché d’or congolais avec une bourse fixée en francs congolais », a expliqué le Directeur Général, précisant que des discussions sont en cours avec la Banque Centrale du Congo afin d’établir un référentiel national d’achat de l’or.
La question de la fraude minière reste l’un des principaux défis économiques et sécuritaires dans l’Est de la RDC, où une grande partie de l’or artisanal continue d’être exportée clandestinement vers les pays voisins avant d’intégrer les circuits internationaux.
Mitterrand MASAMUNA
























