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Finance

RDC : le Gouvernement cible une pression fiscale de 17 % d’ici 2035 pour renforcer son autonomie budgétaire

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La République démocratique du Congo amorce une trajectoire fiscale coriace pour son économie, visant à élargir durablement sa capacité de financement.

Présentant devant l’Assemblée nationale le projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026, le Vice-Premier Ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, a indiqué, le jeudi 11 juin 2026, que le Gouvernement ambitionne de relever progressivement la pression fiscale pour atteindre 17 % du produit intérieur brut (PIB) à l’horizon 2035.

Cette orientation figure parmi les principaux axes de la stratégie budgétaire des prochaines années.

Elle vise à renforcer la mobilisation des ressources internes afin de financer les besoins croissants de l’État en matière de sécurité, d’infrastructures et de services sociaux.

« La politique budgétaire préconisée à travers ce projet de loi consiste à relever progressivement la pression fiscale pour la porter à 17 % à l’horizon 2035, en vue de rapprocher la RDC du groupe des pays à revenu intermédiaire », a déclaré Adolphe Muzito devant les députés nationaux.

Pour 2026, la pression fiscale est projetée à 12,5 %, contre 12,3 % dans la loi de finances initiale. Cette progression demeure toutefois modeste au regard des standards régionaux.

Selon les données de la Banque africaine de développement (BAD), de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), la pression fiscale moyenne en Afrique subsaharienne oscille généralement entre 15 % et 18 % du PIB, tandis que plusieurs économies africaines à revenu intermédiaire dépassent régulièrement le seuil de 20 %.

Les institutions financières internationales considèrent qu’un niveau plus élevé de mobilisation fiscale permet aux États de réduire leur dépendance à l’endettement et aux financements extérieurs tout en améliorant leur capacité à investir dans les infrastructures, l’éducation, la santé et la protection sociale.

Pour atteindre la cible de 17 %, les autorités devront s’appuyer sur plusieurs leviers.

Les réformes engagées dans la digitalisation des régies financières, l’interconnexion des administrations fiscales et douanières, l’élargissement de l’assiette fiscale ainsi que le renforcement de la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale figurent parmi les principaux outils identifiés.

Dans ses différentes évaluations consacrées à la RDC, le FMI souligne d’ailleurs que l’amélioration durable des recettes passe autant par une meilleure administration fiscale que par l’intégration progressive des activités encore largement informelles dans le circuit économique formel.

À travers cette trajectoire, le Gouvernement entend faire de la mobilisation des ressources internes l’un des principaux moteurs du financement du développement national au cours de la prochaine décennie, avec l’objectif de disposer de marges budgétaires plus importantes pour accompagner la transformation économique du pays.

Flory MUSISWA

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