a la une
RDC : Budget 2019, encore 50% de recettes à mobiliser jusqu’au 31 décembre !

[ANALYSE] – Dans la continuité de la gestion des affaires de l’Etat, le Gouvernement de coalition va hériter un faible taux de mobilisation des recettes de l’Etat par rapport aux assignations budgétaires annuelles. C’est environ 50% (en intégrant l’estimation du volume mobilisé au mois d’août) que le Trésor public devrait recevoir en quatre mois. Tel est l’un des premiers défis budgétaires importants du chef du Gouvernement Sylvestre Ilunkamba.
Sur des prévisions budgétaires de 9 604,890 milliards de francs congolais (CDF), soit 5,49 milliards de dollars américains (USD), le Gouvernement sortant n’a pu mobiliser, au 31 juillet 2019, que 4 463,419 milliards de CDF (2,55 milliards USD). Au regard de ces chiffres rendus publics par la Banque centrale du Congo (BCC), cette situation dégage un taux de réalisation de 46%.
Par conséquent, 5 141,417 milliards de CDF restent à mobiliser au cours de la période comprise entre le 1er août et le 31 décembre 2019. Cela représente un taux de mobilisation restant de 54%.
C’est dans ce contexte que le nouveau Gouvernement devra lancer son action d’envergure nationale afin de relever le défi de mobilisation des recettes publiques à travers les régies financières.
D’après des sources proches de la Direction de préparation et de suivi budgétaire (DPSB), la Direction générale des Impôts (DGI) aurait déjà franchi la barre de 50% de ses assignations budgétaires.
Tandis la Direction des douanes et accises (DGDA) avoisinerait les 45% là où la Direction générale des recettes administratives, domaniales et de participations (DGRAD) frôlerait les 60% même si ses assignations représentent plus de la moitié de celles de la DGDA et plus de quatre fois que celles de la DGI.
A RE(LIRE) : Trésor public, un excédent mensuel de 91,4 milliards CDF enregistré en juillet
A l’allure où vont les choses, des experts des finances publiques les plus réalistes estiment qu’en dépit de la bonne volonté et de l’action que ce Gouvernement Ilunkamba peut amorcer, le taux de mobilisation des recettes publiques ne pourra pas atteindre les 100%.
Ils évoquent d’abord le facteur temps. Car, au 30 juin 2019, la moitié des assignations devraient déjà être atteinte et/ou dépassée. Ce qui n’a pas été le cas. Ensuite, les grandes échéances fiscales annuelles se sont déjà passées.
Dès lors, concluent – ils, même dans l’hypothèse où chacune des régies financières arrivait à faire les 100% de ses assignations des quatre mois restants, il y aura un gap, mieux un déficit à combler.
C’est sur cette base réaliste que le premier ministre Ilunkamba et son ministre des Finances, José Sele devraient travailler pour franchir la barre de 85% et aller au-delà. Ce qui serait une performance à consolider l’année prochaine.
En rappel, la réalisation du Budget 2018 dans son volet recettes internes s’est clôturée avec un taux de 79,4%.
Emilie MBOYO


















