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Finance

RDC : Le Budget 2026 ouvre la brèche à la déconcentration de l’ordonnancement des dépenses publiques

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La mise en œuvre du Budget de l’État pour l’exercice 2026 marque une étape décisive dans la réforme de la gestion des finances publiques en République Démocratique du Congo (RDC).

Présentée par le Vice-Premier Ministre, Ministre du Budget, Adolphe Muzito, la Loi de finances promulguée le 29 décembre 2026 œuvre la voie au lancement progressif de la déconcentration de l’ordonnancement des dépenses publiques à travers une phase pilote impliquant neuf ministères.

Adopté en équilibre, en recettes et en dépenses, à hauteur d’un équivalent de 22 milliards de dollars américains, le Budget 2026 s’inscrit dans la continuité des efforts de consolidation de la discipline budgétaire engagés par le Gouvernement. Il respecte, selon l’Exécutif national, les exigences constitutionnelles et les prescrits de la Loi relative aux finances publiques, renforçant ainsi la crédibilité de l’action publique et la prévisibilité budgétaire.

Parmi des annonces faites devant le Conseil des Ministres figure la phase pilote de la déconcentration et de l’ordonnancement, une réforme attendue dans le cadre de la mise en œuvre du Budget-programme.

Concrètement, les neuf ministères retenus exerceront, à titre expérimental, les fonctions d’engagement, de liquidation et d’ordonnancement de leurs propres dépenses.

Cette autonomie reste toutefois encadrée. La régulation des crédits demeure sous la responsabilité du Ministre du Budget, tandis que la gestion de la trésorerie continue d’être assurée par le Ministre des Finances.

L’objectif affiché est de garantir la cohérence globale de l’exécution budgétaire, tout en réduisant les lourdeurs administratives et les délais dans la chaîne de la dépense publique.

Pour le Gouvernement, cette phase test permettra d’évaluer la capacité des administrations sectorielles à gérer directement leurs crédits, dans le strict respect des procédures prévues par le manuel de la dépense publique et celui des marchés publics.

Au-delà de cette innovation institutionnelle, le Budget 2026 s’inscrit sur une trajectoire pluriannuelle de soutenabilité budgétaire, fondée notamment sur l’amélioration progressive de la pression fiscale. Celle-ci est projetée à 12,5 % du PIB en 2026, pour des recettes courantes estimées à 13,4 milliards de dollars, avec un objectif de 17 % à l’horizon de cinq ans, soit la moyenne observée en Afrique subsaharienne.

Selon le Ministre du Budget, cette trajectoire devrait permettre, à l’horizon 2030, de dégager des marges budgétaires suffisantes pour financer, sur ressources propres, les priorités de l’État, notamment la sécurisation du territoire, la transformation structurelle de l’économie et la poursuite des politiques sociales phares, telles que la gratuité de l’enseignement primaire et la Couverture Santé Universelle.

Dans ce contexte, Adolphe Muzito a insisté sur l’obligation, pour tous les ordonnateurs et gestionnaires publics, de se conformer strictement aux procédures d’exécution budgétaire.

Le respect du circuit normal de la dépense est présenté comme un préalable indispensable à la réussite des réformes engagées et à la crédibilité de la phase pilote de la déconcentration.

Mitterrand MASAMUNA

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