Finance
RDC : l’État en quête de 30 millions USD sur le marché des titres publics ce 20 mai 2025

Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) entend lever 30 millions de dollars américains à travers une émission d’Obligations du Trésor prévue ce mardi 20 mai 2025.
Cette opération, libellée en devise étrangère, s’inscrit dans le cadre de la stratégie de mobilisation interne des ressources financières pour financer les besoins de trésorerie de l’État.
Selon un communiqué officiel du ministère des Finances, la maturité de cette obligation est fixée à six mois, avec un remboursement prévu pour le 18 novembre 2025. Cette courte échéance traduit une volonté de l’État d’obtenir des liquidités à court terme, tout en rassurant les investisseurs sur sa capacité à honorer ses engagements dans des délais relativement brefs.
La semaine dernière déjà, le Trésor congolais avait mobilisé plus de 50 millions USD sur les 80 millions recherchés, lors d’une précédente émission d’Obligations du Trésor sur le marché financier local.
Cette performance, bien que partielle, démontre une certaine confiance du secteur bancaire et des investisseurs institutionnels vis-à-vis de l’État congolais, malgré un contexte macroéconomique toujours fragile.
Cependant, cette pression accrue sur le marché domestique n’est pas sans susciter des inquiétudes.
Plusieurs analystes économiques pointent du doigt une sollicitation de plus en plus fréquente des institutions bancaires commerciales, qui constituent l’essentiel des soumissionnaires à ces opérations. À leurs yeux, cette situation pourrait freiner l’octroi de crédits au secteur privé, en particulier aux Petites et moyennes entreprises (PME), déjà confrontées à des difficultés d’accès au financement.
« Lorsqu’une grande partie de la liquidité bancaire est absorbée par les émissions du Trésor, les banques sont moins incitées à financer des projets productifs dans l’économie réelle, surtout ceux portés par les PME, qui sont pourtant un moteur essentiel de croissance et d’emploi », explique un expert du marché financier congolais.
En outre, certains économistes appellent à une diversification des sources de financement de l’État, en misant davantage sur l’élargissement de l’assiette fiscale et la lutte contre la fraude, plutôt que sur une sollicitation excessive du marché financier local. À moyen terme, cette stratégie permettrait de soulager les banques tout en favorisant un développement plus équilibré de l’économie nationale.
Alors que la RDC s’apprête à entamer un nouveau cycle budgétaire, les performances du Trésor sur le marché des titres publics seront suivies de près, tant par les bailleurs de fonds que par les acteurs économiques locaux, soucieux de la stabilité financière et de la soutenabilité de la dette intérieure.
Mitterrand MASAMUNA
























