Finance
RDC : S&P Global confirme la note B-/B et relève les perspectives de « stables» à « positives »

La République Démocratique du Congo (RDC) vient de marquer un point important sur l’échiquier financier international.
S&P Global Ratings a révisé la perspective de la dette souveraine congolaise de stable à positive, tout en maintenant la notation à « B-/B ». Un signal encourageant, sans être un blanc-seing.
Des indicateurs budgétaires en nette amélioration
Premiers chiffres clés : les recettes publiques, attendues entre 14 % et 15 % du PIB sur les prochaines années, contre une moyenne d’environ 11 % sur la dernière décennie. Cette progression repose sur des réformes fiscales soutenues par le FMI, notamment l’introduction de la facture normalisée pour renforcer la collecte de la TVA, la suppression d’exemptions fiscales dans le secteur minier et la réduction des subventions aux carburants dans le budget 2026.
Selon les experts de S&P, ces mesures devraient permettre aux recettes de croître légèrement plus vite que le PIB nominal, un tournant pour un État longtemps dépendant de revenus volatils.
Réserves de change : un filet de sécurité reconstitué
Autre amélioration majeure : les réserves nettes de change, qui atteignent 7,9 milliards de dollars fin 2025, soit trois mois d’importations, contre moins d’un mois en 2021. Cette dynamique est soutenue par l’essor des exportations minières, lesquelles représentent désormais 50 % du PIB, contre 25 % en 2019.
La croissance économique devrait rester solide, au-delà de 5 % par an entre 2026 et 2028, tandis que le déficit du compte courant serait ramené à 3,1 % du PIB en 2028, contre 5 % en 2023.
Une dépendance minière toujours risquée
Les analystes restent toutefois prudents. Le secteur minier génère encore plus de 40 % des recettes de l’État, exposant le pays aux fluctuations des prix du cuivre et du cobalt.
Par ailleurs, l’insécurité persistante au Nord et au Sud-Kivu continue de peser sur les finances publiques et de freiner l’investissement privé.
Ce qui pourrait changer la note
S&P pourrait relever la notation si les réserves augmentent davantage, si les déficits budgétaires se réduisent durablement et si des signes concrets de diversification économique et fiscale émergent. À l’inverse, une détérioration sécuritaire ou un choc sur les termes de l’échange pourrait ramener la perspective à stable.
Des think tank calqués sur l’évaluation en Afrique notent tout de même que la perspective positive n’est pas une récompense, mais un pari conditionnel.
La RDC a gagné du temps et de la crédibilité. Reste à transformer cette fenêtre d’opportunité en changement structurel.
Flory MUSISWA
























