Finance
RDC : vers une sortie historique de la liste grise du GAFI

La République démocratique du Congo est en passe de franchir une étape majeure dans son repositionnement financier international.
À l’issue du Conseil des Ministres du vendredi 22 mai 2026, le Gouvernement a présenté des avancées jugées décisives dans la mise en œuvre du plan d’actions du Groupe d’Action Financière (GAFI), ouvrant ainsi la voie à une possible sortie de la liste grise de cette institution internationale.
Selon le Ministre des Finances, la RDC a désormais achevé l’ensemble des 23 actions prescrites dans le cadre du mécanisme de suivi du GAFI. Une progression significative comparativement à la situation héritée en 2024, où seulement 5 actions sur 23 avaient été exécutées, soit un taux de réalisation de 21 % en près de dix-huit mois.
Entre juillet 2024 et janvier 2026, le Gouvernement congolais a accéléré la cadence des réformes en réalisant les 18 actions restantes en seulement dix-sept mois. Une performance qui témoigne, selon les autorités, d’une volonté politique affirmée de renforcer la transparence financière et de restaurer la crédibilité du système économique national.
Une évaluation technique favorable
Le processus a connu une avancée déterminante lors de la dixième réunion en face-à-face organisée le 27 avril 2026 à Swakopmund, en Namibie, entre la délégation congolaise et le Groupe conjoint Afrique du GAFI.
D’après les conclusions techniques présentées au Conseil des Ministres, le niveau d’exécution des engagements pris par Kinshasa est désormais jugé largement satisfaisant. Les experts auraient reconnu la conformité de la majorité des mesures mises en œuvre par les autorités congolaises.
Parmi les principales avancées enregistrées figurent :
– le renforcement du cadre juridique et réglementaire en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme ;
– l’amélioration du dispositif de supervision des entités assujetties ;
– le renforcement des capacités opérationnelles de la CENAREF et des services d’enquêtes ;
– l’intensification des poursuites judiciaires et des mécanismes de confiscation des avoirs criminels ;
– ainsi que le développement de la coopération internationale en matière d’échanges de renseignements financiers.
Un signal fort pour les investisseurs
Au-delà de l’aspect réglementaire, une éventuelle sortie de la liste grise constituerait un signal positif pour les investisseurs internationaux et les partenaires financiers de la RDC.
L’inscription sur la liste grise du GAFI entraîne généralement un renforcement des contrôles bancaires, une méfiance accrue des institutions financières internationales et une hausse du coût des transactions transfrontalières. À l’inverse, une sortie de cette liste pourrait contribuer à améliorer l’attractivité financière du pays, faciliter les flux d’investissements et renforcer l’intégration de la RDC dans les circuits financiers internationaux.
Cette dynamique s’est déjà traduite par l’adhésion récente de la RDC au ESAAMLG, organisation régionale spécialisée dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Le Gouvernement a également annoncé l’adhésion prochaine du pays au Groupe Egmont, prévue entre fin juin et début juillet 2026 à Bakou, en Azerbaïdjan.
Dernière étape avant la décision finale
Avant toute décision officielle du GAFI, une mission d’évaluation sur site est attendue prochainement à Kinshasa. Cette visite constitue l’ultime étape du processus avant une éventuelle annonce formelle de retrait de la RDC de la liste grise.
Dans cette perspective, le ministère des Finances entend préparer un rapport exhaustif démontrant non seulement l’exécution complète du plan d’actions, mais aussi la capacité du pays à maintenir durablement les réformes engagées sans dépendre exclusivement de l’appui des partenaires techniques et financiers.
Pour consolider cette dynamique, le Gouvernement prévoit également la tenue urgente d’une réunion interministérielle afin d’assurer une coordination optimale entre les différents services impliqués dans la lutte contre les flux financiers illicites.
Le Conseil des Ministres a pris acte de ce rapport, considéré comme une nouvelle avancée stratégique dans les efforts de modernisation de la gouvernance financière et de repositionnement économique de la RDC sur la scène internationale.
Agnès KAYEMBE
























