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Monde : Heineken annonce jusqu’à 6.000 suppressions de postes d’ici 2028

Le groupe néerlandais Heineken supprimera entre 5.000 et 6.000 emplois dans le monde au cours des deux prochaines années, dans le cadre d’une stratégie globale déployée jusqu’en 2030. L’annonce a été faite, le mercredi 11 février 2026, par le deuxième brasseur mondial dans un communiqué officiel.
« Nous faisons cela pour renforcer nos opérations et pouvoir investir dans la croissance », a assuré Harold van den Broek, directeur financier du groupe.
En effet, cette décision intervient dans un contexte de ralentissement des ventes.
Sur l’exercice 2025, le géant d’Amsterdam a enregistré une baisse de 1,2 % de ses volumes, notamment en raison d’un recul de la demande aux États-Unis et en Europe. Sur ces marchés matures, les consommateurs modèrent leur consommation d’alcool, invoquant à la fois des préoccupations sanitaires et un pouvoir d’achat sous pression.
Pour Heineken, l’objectif est désormais d’améliorer l’efficacité opérationnelle tout en redirigeant les ressources vers les segments et les zones géographiques à plus fort potentiel.
Cette vague de suppressions de postes survient presque cinq ans jour pour jour après un précédent plan social d’envergure.
Le 10 février 2021, en pleine crise sanitaire, le groupe avait annoncé la suppression d’environ 8.000 emplois dans le cadre d’un programme de restructuration estimé à 420 millions d’euros (499 millions de dollars).
À l’époque, l’entreprise expliquait que la pandémie de coronavirus avait profondément affecté ses activités, avec la fermeture prolongée des bars, restaurants et lieux de divertissement, particulièrement en Europe.
L’année 2020 avait été qualifiée par le Directeur général Dolf van den Brink d’« année de rupture et de transition sans précédent ».
Les principaux indicateurs financiers étaient alors passés dans le rouge : le chiffre d’affaires avait chuté d’environ 17 %, à 23,7 milliards d’euros, tandis que le groupe enregistrait une perte nette de 204 millions d’euros, contre un bénéfice net de 2,1 milliards d’euros en 2019.
La nouvelle séquence sociale s’inscrit dans un climat déjà marqué par des turbulences au sommet de l’entreprise, qui commercialise plus de 300 marques dans plus de 190 pays.
En janvier 2026, Heineken a annoncé que son Directeur général, Dolf van den Brink, quitterait ses fonctions après six années à la tête du groupe. Ce départ intervient alors que la direction doit poursuivre l’exécution du plan de réduction des coûts et repositionner son portefeuille de marques dans un marché de la bière jugé plus « dynamique », mais aussi plus incertain.
L’Afrique, région stratégique sous surveillance
En Afrique, ces réorganisations seront scrutées avec attention. Heineken demeure le troisième acteur mondial de l’industrie brassicole, derrière AB InBev et Castel, avec environ 18 % de parts de marché.
Si, selon Harold van den Broek, les suppressions de postes devraient principalement concerner l’Europe ou des marchés jugés moins prioritaires, l’expérience de 2021 montre que l’impact varie selon les performances et les perspectives de chaque filiale.
L’Afrique reste, à ce titre, une région clé pour la croissance à long terme du groupe.
Pour 2026, Heineken anticipe une progression de son bénéfice opérationnel comprise entre 2 % et 6 %, après une hausse de 4,4 % en 2025, signe que le brasseur mise sur un redressement progressif malgré un environnement économique incertain.
Agnès KAYEMBE






















