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Monde : Un nouveau rapport sur la déforestation dénonce l’écart entre les promesses et la réalité

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Près de onze ans après la Déclaration de New York sur les forêts, qui visait à éliminer la déforestation d’ici 2030, la situation reste alarmante.

Selon un rapport publié le 14 octobre 2025 par une coalition internationale dirigée par Climate Focus, la planète a perdu 8,1 millions d’hectares de forêts en 2024, soit plus du triple de la superficie du Rwanda.

Ce chiffre représente le deuxième niveau le plus élevé de la décennie, après 2016 (9,44 millions d’hectares), et dépasse largement l’objectif de 3,1 millions d’hectares fixé pour l’an dernier.

Les forêts primaires tropicales sont les plus touchées, avec 6,7 millions d’hectares détruits, tandis que 8,8 millions d’hectares de forêts tropicales humides ont été dégradés.

L’agriculture reste la principale cause, à l’origine de 86 % des pertes forestières, mais le rapport souligne la pression croissante de l’exploitation minière.

Sur le plan du financement, les progrès restent insuffisants. Les États ayant renouvelé leurs engagements à travers la Déclaration de Glasgow (COP26) ont porté les fonds publics internationaux à 5,7 milliards de dollars entre 2022 et 2024, contre 1,7 milliard sur la période 2018-2020. Mais cette somme ne représente que 1,4 % des 409 milliards de dollars alloués chaque année à des subventions agricoles nocives pour l’environnement.

Les besoins pour atteindre les objectifs de 2030 sont pourtant estimés entre 117 et 299 milliards de dollars par an.

À l’approche de la COP30 au Brésil, les auteurs du rapport alertent : « L’année 2025 marque une confluence dangereuse : à mi-parcours de la décennie, les ambitions climatiques et environnementales reculent. »

Un avertissement clair, alors que la promesse d’enrayer la déforestation d’ici 2030 semble plus fragile que jamais.

Olivier KAFORO

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