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Santé

Ebola en RDC : les autorités recensent 543 cas probables dans les communautés en Ituri

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Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a réaffirmé sa mobilisation totale face à l’épidémie du virus Bundibugyo, une souche de la famille Ebola actuellement signalée dans la province de Ituri.

Lors d’un point de presse conjoint tenu ce mardi 19 mai 2026 à Kinshasa, le Ministre de la Santé, Roger Kamba, et le Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, ont présenté l’évolution de la situation épidémiologique ainsi que les mesures de riposte engagées sous la supervision du Président de la République, Félix Tshisekedi.

Le Ministre de la Santé a indiqué que l’épidémie a été officiellement déclarée le 15 mai 2026 après confirmation des analyses réalisées par Institut national de recherche biomédicale (INRB).

Les échantillons prélevés à Bunia ont permis d’identifier la souche Bundibugyo à l’issue d’un séquençage génomique effectué dans la nuit du 14 au 15 mai 2026.

Selon les autorités sanitaires, cette souche est moins pathogène que le virus Ebola Zaïre, historiquement le plus répandu dans le pays.

Toutefois, le Gouvernement insiste sur la dangerosité de la maladie et sur l’urgence de contenir sa propagation.

Quatre zones de santé touchées en Ituri

À ce stade, quatre zones de santé sont officiellement affectées en Ituri : Mungbwalu, Bunia, Rwampara et Nyakunde. Des cas ont également été signalés à Butembo ainsi qu’à Goma.

Roger Kamba a précisé qu’environ 32 cas positifs ont déjà été confirmés par l’INRB.

Les autorités recensent 543 cas probables dans les communautés, tandis que 69 patients sont actuellement pris en charge dans des centres spécialisés.

Concernant la mortalité, le Gouvernement fait état de 131 décès probables liés à cette maladie, plusieurs victimes étant décédées avant la réalisation des tests de confirmation.

Une riposte multisectorielle pilotée au sommet de l’État

Face à l’évolution de l’épidémie, une réunion de crise a été organisée autour du Chef de l’État avec plusieurs membres du Gouvernement, notamment les Ministres de la Santé, de la Défense, de l’Intérieur, des Transports et des Finances.

Le Gouvernement affirme avoir déjà déployé d’importants moyens logistiques sur le terrain. Quatorze tonnes d’équipements médicaux et de protection sont notamment en cours d’acheminement vers Bunia afin de renforcer les centres de prise en charge et protéger le personnel soignant.

Les autorités rappellent également que la RDC dispose désormais d’un réseau de laboratoires spécialisés dans la détection rapide des épidémies, notamment à Bunia, Mbandaka, Kisangani et Kananga, grâce aux investissements réalisés ces dernières années.

Les autorités appellent à éviter les rumeurs et croyances mystiques

Le Ministre Roger Kamba a également dénoncé les rumeurs et croyances mystiques qui compliquent la gestion de l’épidémie dans certaines communautés.

Selon lui, la propagation du virus se serait accélérée après des funérailles organisées autour d’un premier malade transporté entre Bunia et Mungbwalu. Le cercueil endommagé aurait conduit plusieurs proches à manipuler directement le corps du défunt, provoquant ainsi de nombreuses contaminations.

« Ce n’est pas une maladie mystique. C’est un virus. », a insisté le Ministre, appelant la population à signaler rapidement les symptômes et à collaborer avec les équipes médicales.

Les autorités sanitaires recommandent notamment d’éviter tout contact avec des animaux retrouvés morts dans la forêt et de bien cuire les aliments afin de réduire les risques de transmission.

L’INRB rassure sur les capacités de contrôle

Prenant la parole, le professeur Jean-Jacques Muyembe a rappelé que la RDC possède une longue expérience dans la gestion des épidémies d’Ebola.

Le scientifique a expliqué que le virus Bundibugyo, identifié pour la première fois en Ouganda en 2007 puis en RDC à Isiro en 2012, présente une mortalité inférieure à celle d’Ebola Zaïre.

Selon lui, les précédentes flambées épidémiques ont été majoritairement maîtrisées grâce à des mesures classiques de santé publique : isolement rapide des malades, traçage des contacts, enterrements sécurisés et protection du personnel médical.

Jean-Jacques Muyembe a également annoncé que des recherches pourraient être engagées dans les prochains jours afin d’évaluer des candidats vaccins et des traitements adaptés à cette souche spécifique.

Le Gouvernement a enfin tenu à rassurer la population en affirmant qu’aucun cas n’est actuellement signalé à Kinshasa.

Agnès KAYEMBE

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