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Santé

RDC : L’UNICEF alerte sur la pire épidémie de choléra et appelle à un financement d’urgence pour 2026

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La République Démocratique du Congo (RDC) est confrontée à la plus grave épidémie de choléra qu’elle ait connue depuis un quart de siècle.

Depuis le début de l’année, 64.427 cas ont été enregistrés, dont 1.888 décès. Parmi eux, les enfants restent dramatiquement touchés, représentant 14.818 cas et 340 décès, a annoncé l’UNICEF.

L’ampleur de la crise met en évidence l’urgence d’un soutien accru aux services essentiels de santé, d’eau potable et d’assainissement.

Dans tout le pays, des milliers d’enfants voient leur vie bouleversée. Exposés à la maladie, ils sont contraints d’interrompre leur scolarité et assistent impuissants à la souffrance ou à la disparition de proches.

L’un des cas les plus tragiques s’est produit dans un foyer collectif de Kinshasa où 16 des 62 enfants sont décédés en quelques jours après l’introduction de la maladie dans l’orphelinat.

« Les enfants congolais ne devraient pas être aussi durement touchés par une maladie qui est tout à fait évitable », déplore John Agbor, Représentant de l’UNICEF en RDC. Il a appelé le Gouvernement à renforcer ses investissements dans les services d’eau, d’assainissement, d’hygiène et de santé, éléments fondamentaux pour protéger les communautés.

« Aujourd’hui, 17 des 26 provinces du pays sont affectées, y compris la capitale Kinshasa. Les enfants représentent en moyenne 23,4 % des cas enregistrés. La progression de la maladie est alimentée par un accès très limité aux services d’eau potable et d’assainissement : selon l’EDS 2024-2025, seulement 43 % de la population ont accès à des services d’eau de base le taux le plus bas du continent et 15 % disposent d’installations sanitaires adéquates. », a-t-il indiqué.

Plusieurs facteurs aggravent la situation sanitaire :
• les conflits persistants et les déplacements massifs dans l’est du pays, qui restreignent l’accès aux soins ;
• les phénomènes climatiques extrêmes, tels que les fortes pluies et les inondations qui endommagent les infrastructures WASH ;
• l’urbanisation rapide et non planifiée, qui entraîne une forte pression sur les réseaux d’eau et d’assainissement ;
• la faible sensibilisation dans certaines zones comme Kinshasa, où les retards dans la recherche de soins augmentent le taux de mortalité.

Le Gouvernement de la RDC a mis en œuvre le Plan multisectoriel d’élimination du choléra (PMSEC) 2023–2027, doté d’un budget prévisionnel de 192 millions de dollars. Mais ce plan reste gravement sous-financé, selon une évaluation à mi-parcours conduite en mai 2025, qui plaide pour une mobilisation financière plus forte et une meilleure coordination multisectorielle.

En 2025, une nouvelle initiative, « Le fleuve Congo sans choléra », a été lancée afin de renforcer le contrôle sanitaire dans les ports fluviaux, améliorer l’assainissement des bateaux et sensibiliser équipages et passagers.

Pour combattre la propagation du choléra, l’UNICEF appuie les équipes d’intervention rapide utilisant l’approche CATI (Case-Area Targeted Intervention), qui permet de cibler rapidement les foyers d’infection autour des cas confirmés.

L’organisation soutient également les centres de traitement du choléra, renforce les infrastructures WASH dans les écoles, centres de santé et communautés, et mène des campagnes d’engagement communautaire.

Entre janvier et octobre 2025, ces actions ont permis de sensibiliser 13,5 millions de personnes dans tout le pays.

Pour 2026, l’UNICEF estime avoir besoin d’environ 6 millions de dollars afin d’assurer le financement adéquat du mécanisme CATI, essentiel pour contenir et briser les chaînes de transmission.

AGNES KAYEMBE

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