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RDC : BIAC, les deux facteurs à la base de la crise !

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Les prêts non remboursés notamment par le secteur public affectant 30% de son portefeuille des crédits et le non respect de la gestion prudentielle seraient à la base de la crise que traverse la Banque Internationale  pour l’Afrique au Congo (BIAC). Pour ce, elle attend du Gouvernement une solution durable visant à solliciter auprès de la Banque Centrale du Congo (BCC) une ligne de refinancement au regard des garanties de l’Etat accordées sur ces dettes publiques. Entre temps, la BCC semble avoir enjoint à la BIAC le changement du Comité de direction et l’accélération de la mise en œuvre du plan de redressement.

La BIAC n’est pas en faillite. Il s’agit d’une difficulté opérationnelle passagère d’autant plus que ses fondamentaux sont encore solides avec un volume d’activité et une clientèle en croissance continue, le réseau d’agences le plus dense du pays (plus de 150 agences), une forte contribution au financement de l’économie nationale en francs congolais et des dépôts sous gestion qui représentent près de 15 % du volume national.

La Banque Centrale du Congo assure la supervision des intermédiaires financiers en RDC. Ph. Tiers

Aussi, faut –il préciser, la BCC en tant que gendarme qui veille à la bonne santé des banques commerciales en RDC, a l’obligation d’accompagner la BIAC à ne pas arriver à la faillite. Le communiqué de la réunion la Troïka stratégique du gouvernement du lundi 28 mars 2016 a été clair à ce sujet : « Les membres de la Troïka stratégique sont d’avis que des dispositions adéquates doivent être prises pour préserver la viabilité de cette banque, mais aussi et surtout sécuriser l’épargne publique ».

BIAC a prêté à des insolvables

Sur base des conclusions d’un audit de juin 2015 à février 2016, la BIAC affirme dans un communiqué avoir engagé une série de discussions avec la BCC, sous la supervision du Gouvernement, afin de rétablir sa rentabilité et de consolider son bilan à très brève échéance. Celles – ci ont déjà permis d’obtenir un premier accord signé de la BCC sur une opération de réescompte à hauteur de 16 milliards CDF.

D’autres solutions techniques sont à l’étude sur des dettes publiques en souffrance pour des montants globaux qui avoisinent 24,3 milliards CDF. Ces créances non recouvrées affectent les marges de manœuvre de la BIAC et détériorent la qualité de son bilan alors que les encours du secteur public auprès de la Banque avoisinent les 85 milliards CDF, soit 30% de son portefeuille de crédits contre une moyenne de 10% pour le reste de la profession.

Jusqu’en février 2016, la BIAC disposait d’un refinancement plafonné à hauteur de 40 milliards CDF auprès de la BCC, prêteur en dernier ressort – et conformément aux dispositions réglementaires – pour compenser ce décalage entre cette forte contribution au financement de l’économie nationale en CDF et les dépôts de la BIAC, composés à hauteur de 77% en dollars. La brutale suspension de cette ligne de refinancement, fin février, a placé la Banque en situation de tension de liquidité.

Non respect de la gestion prudentielle

Nombreux sont ces analystes économiques qui pensent qu’une gestion calamiteuse s’était installée au sein de la BIAC. Et cette gestion n’avait rien avoir avec la gestion prudentielle à laquelle n’importe quelle banque est sensée se soumettre. Allusion faite notamment aux vols des ressources de l’intérieur de la banque, la naïveté à la suite de son désir de soutenir le secteur public (l’état congolais) dans ses différentes charges régaliennes et la mauvaise politique d’emploi.

Si le Directeur Général, Michel Losembe, a présenté sa démission au Conseil d’Administration de la BIAC ce lundi 28 mars, Madame Anne Mbuguje a été nommé Directrice Générale intérimaire. Elle est secondée par deux adjoints Fabrice Alfonsi et Kevin Falesse. Cette nouvelle équipe dirigeante a pour mission d’accélérer la restructuration de la BIAC pour lui donner un nouvel élan après une période difficile.

Anne Mbuguje travaille à la BIAC depuis 11 ans et c’est depuis 2006 qu’elle occupait la fonction de directrice commerciale à la BIAC. Ph. Tiers

En suggérant le changement de la direction et un plan de redressent efficace, la BCC espère une gestion optimum de la BIAC en attendant l’arrivée de potentiels partenaires en mesure de renforcer le capital de la banque.

BIAC en chiffres

Avec plus de 400 000 comptes fin 2015 contre 366 000 fin 2014, la BIAC a vu son total de bilan (511 milliards CDF ou 563 millions USD en 2015 selon des résultats provisoires et avant certification du commissaire au compte), ses encours de crédits (288,9 milliards CDF) et de dépôts (399, 7 milliards CDF dont 245, 3 milliards détenus par de petits épargnants) en hausse significative par rapport à l’année précédente.

Elle déploie également de nouvelles solutions monétiques adaptées au marché congolais, comme le mobile banking ou récemment le lancement de la solution financière Heyano. Le développement de la BIAC repose enfin sur les PME, un marché encore insuffisamment desservi et qui offre un très fort potentiel alors que moins de 5 % des 2,5 millions de TPE et PME congolaises ont accès aux financements bancaires classiques.

Autant le gouvernement congolais devrait tout mettre en œuvre afin d’obtenir auprès de la BCC une ligne refinancement en faveur de la BIAC, autant cette dernière est appelée à améliorer sa politique de gestion. Les 340 000 déposants que compte la BIAC devraient se sentir sécurité tant que la BCC sera là pour jouer son rôle de gendarme des banques commerciales.

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