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RDC : institutions, le train de vie a coûté à l’Etat 213 millions USD au premier trimestre 2019

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RDC : institutions, le train de vie a coûté à l’Etat 213 millions USD au premier trimestre 2019 1

[ANALYSE] – Le fonctionnement des institutions politiques a coûté au Trésor public 213,6 millions de dollars américains entre janvier et mars 2019. Ce niveau des dépenses représente près de 37% des recettes collectées au premier trimestre qui, elles, ont avoisiné 584 millions de dollars américains. C’est ce que révèlent des chiffres scrutés des états de suivi budgétaires du ministère du Budget rendus publics par l’Observatoire de la dépense publique (ODEP).

Présidence, le record des dépassements

La Présidence de la République est l’institution qui a excellé dans les dépassements de ses prévisions budgétaires de la période. D’après le monitoring citoyen de l’exécution du budget 2019 de l’ODEP, ce record a atteint le taux de 120%.

A considérer que les réalisations ont affiché un montant de 18 millions de dollars, analysent certains experts, cela signifie que les crédits alloués à la Présidence pour le premier trimestre représentaient 7,5 millions de dollars. Et donc, le dépassement de 120% représenterait un montant de 10,5 millions de dollars américains.

Plus loin, s’il faut calculer la quote-part mensuelle, d’aucuns réalisent que la première institution politique du pays devrait normalement coûter à l’Etat 2,5 millions de dollars américains chaque mois, soit environ 83 300 dollars par jour. Ce montant suffirait-il réellement pour faire face à tous les besoins de la Présidence de la République ? Si oui, la violation de la loi budgétaire est avérée. Si non, elle devient encore plus flagrante.

Institutions budgétivores et violatrices   

Outre la Présidence de la République, les autres institutions politique du pays sont toutes aussi budgétivores. C’est le cas de la Primature (6,1 millions USD), l’Assemblée nationale (17,1 millions), le Sénat (5,2 millions USD), les Gouvernorats des provinces et les Assemblées provinciales (167,2 millions USD). Elles baignent également dans les dépassements dont la hauteur n’a pas été révélée par l’ODEP.

Tant que les dépenses des institutions politiques connaîtront des dépassements, plus elles grignoteront les crédits alloués aux investissements pro-pauvres dont les secteurs sont bien identifiés. D’où, l’alerte de l’ODEP pour la réduction du train de vie des institutions afin de cesser avec ces pratiques violatrices de la loi des finances publiques.

« On assiste à l’accroissement des inégalités sociales, l’approfondissement de la pauvreté, la détérioration de la gouvernance administrative, la baisse de la consommation, … qui ne font que perdurer, malgré les bonnes intentions du président de la République », constate cette structure de la société civile.

Vers un collectif budgétaire

A en croire un expert en matière budgétaire, l’origine des dépassements budgétaires de ces institutions politiques part de l’irréalisme des prévisions des dépenses. Le non –respect des lignes budgétaires n’est une conséquence logique. Et dans ce désordre, il serait difficile que la chaîne de la dépense soit respectée.

« Si Félix Antoine Tshisekedi hérite d’un budget irréaliste en termes des prévisions, il devrait s’organiser avec son futur gouvernement, avant la clôture de cette session de mars en cours au Parlement, pour envisager un collectif budgétaire. Cela devient encore plus urgent tant que le financement de son programme de 100 jours aurait été extra-budgétaire avec des décaissements de plus de 75% exécutés en procédure d’urgence », a commenté un agent public sous l’anonymat.

En rappel, les institutions politiques de la RDC ont toujours brillé par des dépassements budgétaires depuis plus d’une décennie. Pour exemple, la Présidence de la République avait enregistré un taux de 186% dans l’exécution des Crédits provisoires de Janvier à Juin 2017. Et la Primature était à 311,9%, l’Assemblée nationale à 108,3%, le Sénat 123,4% et la CENI à 123,4%. Ce chiffres ont été également rendus publics par  l’ODEP.

Le souhait le plus ardent des observateurs et analystes avertis est que le changement prôné par Félix Antoine Tshisekedi ne demeure un vœu pieux.

Emilie MBOYO

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