Afrique
Botswana : Akinwumi Adesina prend les commandes du Diamonds for Development Fund pour préparer l’après-diamant

L’ancien président de la Banque africaine de développement (BAD) est au cœur de la stratégie de diversification économique du Botswana.
Moins d’un an après avoir quitté la présidence du Groupe de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina s’apprête à relever un nouveau défi majeur sur le continent africain.
L’économiste nigérian a été désigné président du conseil d’administration du Diamonds for Development Fund (DDF), un mécanisme financier lancé conjointement par le Gouvernement du Botswana et le géant minier De Beers.
Annoncée à Gaborone à la fin du mois de mai 2026, cette nomination intervient à un moment stratégique pour le Botswana, premier producteur mondial de diamants par valeur, qui cherche à transformer sa richesse minière en moteur durable de développement économique.
Le fonds devrait entrer en activité dans les prochaines semaines, tandis qu’Akinwumi Adesina prendra officiellement ses fonctions le 15 juin 2026.
Convertir les revenus du diamant en investissements productifs
Au-delà de la gestion des ressources extractives, le Diamonds for Development Fund ambitionne de financer la diversification de l’économie botswanaise en soutenant l’industrialisation, l’innovation, l’entrepreneuriat et la création d’emplois.
Cette initiative découle des accords stratégiques conclus entre le Botswana et De Beers pour l’exploitation des ressources diamantifères jusqu’en 2054. Dans ce cadre, De Beers prévoit un apport initial d’environ un milliard de pulas botswanais, soit près de 74 millions de dollars américains, auquel s’ajouteront des contributions périodiques liées aux performances de Debswana.
Pour les autorités botswanaises, l’enjeu consiste à préparer l’économie nationale à une réduction progressive de la dépendance aux revenus miniers, en développant de nouveaux secteurs capables de soutenir durablement la croissance.
L’expérience d’un architecte du financement du développement
Le choix d’Akinwumi Adesina apparaît comme un signal fort envoyé aux marchés et aux investisseurs internationaux.
Durant ses dix années à la tête de la Banque africaine de développement, il a piloté l’augmentation du capital de l’institution de 93 à 318 milliards de dollars et contribué à la mise en place de l’Africa Investment Forum, qui a mobilisé plus de 225 milliards de dollars d’intentions d’investissement à travers le continent.
Sa maîtrise des mécanismes de financement du développement, de la mobilisation des capitaux internationaux et de la gouvernance des fonds stratégiques constitue un atout majeur pour assurer la crédibilité et l’attractivité du nouveau véhicule financier botswanais.
« Ce ne sont pas seulement les diamants qui doivent briller ; la vie des populations du Botswana doit également briller », a déclaré Akinwumi Adesina en présentant sa vision du projet.
Data-Led Story : le Botswana, modèle africain de valorisation minière
Le Botswana demeure l’un des exemples les plus aboutis en Afrique en matière de gestion des ressources naturelles :
– Premier producteur mondial de diamants en valeur ;
– Debswana, détenue à parts égales par l’État botswanais et De Beers, figure parmi les plus importantes sociétés diamantifères de la planète ;
– Les licences minières ont été prolongées jusqu’en 2054 ;
– Le Botswana demeure le principal pilier de production mondiale de De Beers.
Grâce à cette stratégie, le pays cherche à éviter le piège de la dépendance aux matières premières qui a affecté plusieurs économies riches en ressources naturelles.
Un laboratoire africain de transformation économique
Pour de nombreux observateurs du secteur extractif, la nomination d’Akinwumi Adesina marque une nouvelle étape dans l’ambition du Botswana de passer d’une économie centrée sur l’extraction à un modèle davantage fondé sur la création de valeur, les services, l’innovation et les investissements productifs.
Si le Diamonds for Development Fund parvient à convertir durablement les revenus du diamant en actifs économiques générateurs de croissance, le Botswana pourrait devenir l’un des rares exemples africains où la richesse minière aura servi de véritable levier de transformation économique à long terme.
Flory MUSISWA
























