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Afrique

EAC : Yoweri Museveni prend les commandes sous les projecteurs de l’intégration économique

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La Communauté d’Afrique de l’Est entame un nouveau cycle de leadership.

Réunis à Arusha pour leur 25ᵉ Sommet ordinaire, les Chefs d’État de East African Community ont entériné la prise de fonction du président ougandais Yoweri Museveni comme président en exercice du Sommet, succédant au chef de l’État kényan, William Ruto.

Au-delà du protocole, ce passage de témoin intervient à un moment charnière pour l’organisation régionale, engagée dans une accélération  encore inachevée  de son intégration économique. Avec désormais huit États membres, dont la République démocratique du Congo, l’EAC représente un marché de plus de 300 millions d’habitants et un produit intérieur brut combiné estimé à plus de 300 milliards de dollars. Un potentiel considérable qui reste cependant partiellement exploité en raison de plusieurs obstacles structurels.

Dans ce contexte, les dirigeants régionaux entendent mettre l’accent sur l’approfondissement du marché commun, l’harmonisation des politiques commerciales et douanières ainsi que la suppression progressive des barrières non tarifaires qui continuent de freiner les échanges intra-régionaux.

L’accélération du projet d’union monétaire figure également parmi les dossiers structurants appelés à façonner l’avenir économique de la communauté.

L’adhésion de la République démocratique du Congo en 2022 a, par ailleurs, redessiné les perspectives économiques de l’organisation.

Avec son vaste marché intérieur et ses immenses ressources minières stratégiques, le pays constitue un levier majeur pour l’expansion commerciale de l’EAC vers l’Afrique centrale.

Pour les États membres, l’intégration logistique et commerciale de la RDC, notamment à travers les corridors reliant l’océan Indien à la région des Grands Lacs, est désormais perçue comme un facteur clé pour renforcer les chaînes d’approvisionnement régionales et stimuler les investissements.

Le mandat de Yoweri Museveni s’ouvre toutefois dans un environnement régional marqué par plusieurs tensions politiques et sécuritaires, notamment entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. À cela s’ajoutent les défis liés au financement des institutions communautaires et à la mise en œuvre effective des réformes d’intégration.

Dans ce contexte, la nouvelle présidence de l’EAC sera particulièrement attendue sur sa capacité à transformer les ambitions politiques de la communauté en résultats économiques tangibles.

Pour de nombreux observateurs, l’enjeu est désormais clair : faire de l’EAC non seulement un espace de coopération politique, mais surtout un véritable marché régional intégré, capable de stimuler les échanges, d’attirer les investissements et de renforcer le poids économique de l’Afrique de l’Est sur le continent.

Olivier KAFORO

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