Afrique
Kenya : un projet de 1,2 milliard USD pour porter la capacité annuelle de l’aéroport de Nairobi à 22 millions de passagers

Le Kenya accélère la modernisation de son principal hub aérien.
Le gouvernement a confié à la Trade and Development Bank (TDB) et à l’Africa Finance Corporation (AFC) la structuration du financement de l’extension de l’aéroport international Jomo Kenyatta (JKIA) de Nairobi, un projet estimé à 154,2 milliards de shillings kényans, soit environ 1,2 milliard de dollars.
L’annonce a été faite le 19 juin par le ministre kenyan des Transports, Davis Chirchir.
Selon les autorités kenyanes, le projet vise à augmenter la capacité annuelle de l’aéroport à 22 millions de passagers par an contre 7,5 millions actuellement, afin de répondre à la forte croissance du trafic aérien et de préserver la position de Nairobi comme principal hub d’Afrique de l’Est.
Le projet comprend la rénovation des infrastructures existantes, notamment les pistes et les aires de stationnement des avions ainsi que la construction d’un nouveau terminal passagers. Les travaux devraient s’étendre sur une période de trois ans.
Un financement à structurer
Cette nouvelle étape marque une évolution dans la stratégie de financement du projet.
En mars dernier, le président William Ruto avait indiqué que le gouvernement disposait déjà d’un financement initial destiné à amorcer les travaux.
Entre 15 et 20 milliards de shillings kényans, issus de l’ouverture du capital de Kenya Pipeline Company, devaient être injectés dans le National Infrastructure Fund (NIF), un mécanisme conçu pour soutenir les investissements dans les infrastructures.
À l’époque, les autorités présentaient ce fonds comme un moyen de réduire le recours à l’endettement public tout en facilitant le lancement du chantier.
Toutefois, ces ressources ne représentaient qu’une part limitée des besoins financiers désormais estimés à plus de 154 milliards de shillings.
Le Gouvernement n’a pas encore précisé la place qu’occupera le National Infrastructure Fund dans le montage financier final ni la répartition des contributions entre les différentes sources de financement.
Nairobi face à la concurrence des hubs régionaux
L’extension du JKIA intervient dans un contexte de concurrence croissante entre les grandes plateformes aéroportuaires d’Afrique de l’Est.
Initialement conçu pour accueillir environ 8 millions de passagers par an, l’aéroport de Nairobi a enregistré 8,8 millions de voyageurs en 2025, dépassant ainsi sa capacité nominale.
Face à cette saturation progressive, plusieurs pays de la région investissent massivement dans leurs infrastructures.
Au Rwanda, la construction du nouvel aéroport international de Bugesera, développée en partenariat avec Qatar Airways, doit permettre d’atteindre une capacité de 14 millions de passagers par an à terme. De son côté, l’Éthiopie a lancé le développement d’un nouvel aéroport à Bishoftu, dont la capacité projetée pourrait atteindre entre 100 et 110 millions de voyageurs annuels à long terme.
Dans ce contexte, la modernisation du JKIA apparaît comme un enjeu stratégique pour maintenir la compétitivité du Kenya sur les flux aériens régionaux et internationaux.
Des interrogations sur l’exécution du projet
La concrétisation du projet dépend désormais de la finalisation du montage financier et de la désignation officielle des entreprises chargées des travaux.
Plusieurs médias ont récemment indiqué que la société chinoise China Communications Construction Company (CCCC) aurait remporté le marché. Les autorités kényanes n’ont toutefois pas encore confirmé officiellement cette information.
Au-delà du financement, le respect du calendrier annoncé constituera un facteur déterminant pour permettre à Nairobi de conserver son rang face à l’émergence de nouvelles infrastructures aéroportuaires concurrentes dans la région.
Olivier KAFORO
























