Finance
RDC : l’IGF chiffre à 39 millions USD son projet de digitalisation du contrôle des finances publiques

L’Inspection générale des finances (IGF) a dévoilé, le 20 mai 2026 à Kinshasa, les grandes lignes de son projet de transformation numérique destiné à renforcer le contrôle des finances publiques et la traçabilité des opérations économiques en République démocratique du Congo.
Lors d’une conférence de presse organisée avec les professionnels des médias, l’institution a notamment indiqué que le coût global du projet de digitalisation est estimé à 39 millions de dollars américains.
Face aux questions des journalistes sur le financement de cette réforme, les responsables de l’IGF ont affirmé que le projet sera essentiellement pris en charge par l’État congolais à travers des ressources internes.
Selon les explications fournies au cours des échanges, environ 54 % des besoins financiers pourraient être couverts grâce aux ressources propres de l’institution sur une période de trois ans.
Pour le financement complémentaire, l’IGF prévoit de solliciter l’inscription de nouveaux crédits dans les rubriques d’investissement du budget de l’État dès cette année et lors des prochains exercices budgétaires.
L’institution a insisté sur sa volonté de privilégier un financement endogène afin de préserver la souveraineté du système de contrôle public.
Les responsables ont estimé qu’il serait inapproprié qu’un organe chargé du contrôle des finances de l’État dépende majoritairement de financements extérieurs.
Au cours de cette conférence, l’IGF a expliqué que le futur contrôle systémique reposera sur l’exploitation massive des données économiques et financières grâce aux outils numériques.
Selon les responsables de l’institution, ce système permettra de combiner plusieurs formes de contrôle : le contrôle a posteriori, qui intervient après les faits ; le contrôle concommitant exercé pendant l’exécution des opérations ; ainsi que le contrôle prospectif, basé sur des projections réalisées à partir des données historiques.
L’IGF estime que cette approche numérique permettra d’identifier plus rapidement les anomalies financières, les incohérences fiscales ainsi que les risques de fraude.
L’institution a également évoqué les limites actuelles dans le suivi de certaines procédures douanières, notamment les enlèvements d’urgence de marchandises, les exonérations et les transferts sous douane.
Selon les responsables, l’absence de traçabilité numérique favorise aujourd’hui des failles dans le contrôle des délais de régularisation et des obligations fiscales. Le futur système digital devrait permettre un meilleur suivi de ces opérations et faciliter la détection des risques financiers liés aux retards ou aux irrégularités.
La conférence a également abordé la réforme de la facture normalisée mise en œuvre dans le cadre du recouvrement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).
L’IGF estime que l’État perd d’importantes recettes fiscales à cause des faiblesses du système de facturation actuel. La réforme vise à uniformiser les factures émises par les entreprises grâce à des outils numériques connectés à la Direction générale des impôts (DGI).
Selon les explications fournies, cette numérisation permettra un meilleur suivi des flux de facturation et facilitera les contrôles fiscaux des opérateurs économiques.
Interrogée sur les détournements et les dysfonctionnements observés dans certains projets publics, notamment dans les infrastructures, l’IGF a indiqué que plusieurs missions de contrôle sont régulièrement menées dans les administrations et entreprises publiques.
Les responsables ont toutefois reconnu l’existence de graves faiblesses dans les mécanismes de contrôle interne au sein de nombreuses entreprises publiques. Selon eux, l’absence de dispositifs de surveillance connectés aux Conseils d’administration fragilise la gouvernance et favorise les irrégularités de gestion.
L’IGF affirme vouloir renforcer ces mécanismes de contrôle interne dans le cadre de son plan stratégique afin d’améliorer la transparence et l’efficacité de la gestion publique.
Les responsables de l’institution ont également estimé que le contrôle systémique permettra de réduire les arrangements informels et les négociations irrégulières dans la mobilisation des recettes publiques.
Dans un système fiscal déclaratif où les opérateurs économiques déclarent eux-mêmes leurs obligations fiscales, l’IGF considère que le contrôle constitue un levier essentiel pour améliorer les recettes de l’État.
Grâce à l’exploitation des données numériques et au renforcement des capacités de contre-vérification, l’institution espère accroître son efficacité dans la détection des fraudes et des incohérences financières.
Mitterrand MASAMUNA























