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RDC : 1,9 million USD saisis à l’aéroport de Ndjili, un tournant décisif pour la conformité financière

Kinshasa a livré, le dimanche 22 mars 2026, une séquence révélatrice de la maturité de son dispositif de lutte contre les flux financiers illicites.
À l’aéroport international de Ndjili, près de 1,9 million de dollars américains ont été interceptés dans des circonstances jugées suspectes, exposant une nouvelle fois les vulnérabilités liées à la circulation de liquidités hors des circuits formels.
La réaction des autorités a été immédiate et calibrée.
Le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, est intervenu par voie d’injonction formelle auprès du Procureur général près la Cour de cassation. Une démarche à forte portée institutionnelle, traduisant une volonté d’encadrement strict et de traçabilité totale des fonds en cause.
Les mesures prescrites s’inscrivent dans les standards internationaux de conformité : mise sous scellés immédiate, consignation des fonds à la Banque Centrale du Congo, formalisation d’un procès-verbal contradictoire et ouverture d’une enquête judiciaire visant à établir l’origine des fonds et à identifier les responsabilités pénales.
Au-delà de l’événement, l’enjeu est systémique : La République démocratique du Congo revendique aujourd’hui près de 90 % d’exécution de son plan d’action dans le cadre du processus de sortie de la liste grise du GAFI.
Dans ce contexte, chaque incident de ce type devient un test grandeur nature de la robustesse du dispositif LBC-FT.
Depuis l’entrée en vigueur de la loi n°22/068, renforcée en 2025, le pays a structuré son architecture de conformité autour de trois axes clés, en l’occurrence :
Primo, traçabilité des flux en espèces ;
Secundo, contrôle des opérations transfrontalières ;
Tertio, surveillance accrue des personnes politiquement exposées.
Ainsi donc, la CENAREF, en tant que cellule de renseignement financier, joue dorénavant un rôle central dans cette mécanique.
Cependant, l’affaire de Ndjili met en évidence une tension persistante entre régulation formelle et pratiques économiques informelles. Le volume des fonds interceptés illustre l’ampleur des flux non bancarisés, qui échappent encore partiellement aux mécanismes de contrôle.
Pour les observateurs et les investisseurs, la crédibilité du cadre financier congolais repose désormais sur sa capacité à transformer ces incidents en démonstrations de rigueur.
L’intervention rapide du Ministre de la Justice envoie un signal de fermeté, mais c’est l’issue judiciaire du dossier qui constituera le véritable indicateur de performance institutionnelle.
Dans une trajectoire visant la normalisation financière internationale, la RDC ne joue plus seulement sur le terrain de l’intention, mais sur celui de l’exécution.
Flory MUSISWA






















