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RDC : Guy Robert Lukama et la nouvelle équation minière

Par ordonnance présidentielle lue ce lundi 23 février 2026, le Chef de l’État Félix Tshisekedi a engagé une reconfiguration stratégique au cœur du secteur extractif, pilier budgétaire et géoéconomique du pays. Au centre de cette dynamique : la redéfinition des équilibres de gouvernance dans les grandes entreprises minières publiques.
À la Gécamines, Deogratias Ngele Masudi accède à la présidence du Conseil d’administration, tandis que Baraka Kabemba est nommé Directeur général, appuyé par Jacques Masangu-a-Mwanza (finances) et Ludovick Monga Banza (opérations et développement). Une structuration en pôles spécialisés qui traduit une volonté claire : renforcer la discipline financière, sécuriser les flux et optimiser la chaîne de production.
Figure clé de cette recomposition, Guy Robert Lukama quitte la présidence du Conseil d’administration de la Gécamines pour prendre la Direction générale de la Société aurifère du Kivu et du Maniema (SAKIMA). Ce redéploiement n’est pas anodin. Il marque le passage d’un rôle de supervision stratégique à une fonction exécutive directement exposée aux impératifs de rendement et de performance opérationnelle.
Dans le même mouvement, la Société minière de Kilo-Moto (SOKIMO SA) voit Kakese Kimaza François nommé Président du Conseil d’Administration, avec Nzonde Mulundu Yanick à la Direction générale, assisté de Placide Nkala Basadilwa. Là encore, la dissociation claire entre gouvernance et management exécutif s’inscrit dans une logique de responsabilisation accrue.
Pour les analystes du secteur minier, cette recomposition révèle un cadrage plus exigeant de l’État actionnaire. L’objectif est double : professionnaliser davantage la gestion des actifs stratégiques et renforcer la redevabilité des dirigeants face aux résultats attendus.
Dans un contexte international marqué par la compétition autour des minerais critiques et la pression sur la transparence des revenus extractifs, les experts indiquent que Kinshasa semble opérer un recentrage méthodique : placer aux commandes des profils appelés à conjuguer maîtrise technique, rigueur financière et vision stratégique.
Au-delà des hommes, c’est une équation nouvelle qui se dessine : faire du secteur minier non seulement une source de recettes, mais un véritable levier structurant de souveraineté économique.
Flory MUSISWA






















