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RDC : Kinshasa à pied suite à une grève des transporteurs en commun

À Kinshasa, la journée du lundi 26 janvier 2026 commence sans moteurs. Peu de bus, peu de taxis, presque aucun minibus. Sur les axes structurants, le trafic s’efface. Sur les trottoirs, il déborde. La capitale avance à pied, contrainte, silencieuse.
La situation est la conséquence directe du retrait massif des transporteurs en commun, intervenu après l’annonce de mesures de régulation renforcées destinées à contenir les embouteillages chroniques de la ville.
Des milliers de travailleurs, d’élèves et d’agents publics se retrouvent sans solution de mobilité, parfois contraints de parcourir plusieurs kilomètres pour rejoindre leurs destinations.
Le durcissement porte sur des contrôles généralisés : permis de conduire, contrôle technique, vignette, autorisation de transport, assurance et respect strict de la tarification officielle. À cela s’ajoutent des restrictions horaires ciblées. Les camions de 20 tonnes et plus et les véhicules de livraison ne peuvent circuler que de 22h à 5h certains jours de la semaine, tandis que l’accès au centre-ville reste limité aux mêmes horaires nocturnes. Les motos-taxis et tricycles demeurent exclus de la RN1, au même titre que les marchés pirates le long des grandes artères.
L’impact économique est immédiat. Selon les estimations recueillies par zoom-eco.net, la ville pourrait perdre entre 30 et 50 millions USD de revenus liés au transport si la situation perdure.
La grève provoque d’abord une érosion de la productivité : retards généralisés, absences répétées, services publics et privés en mode dégradé. Elle affecte ensuite les revenus des entreprises, notamment les PME et les commerces de proximité, confrontés à une baisse de fréquentation et à des ruptures logistiques. Certains acteurs évoquent des pertes pouvant atteindre 40% sur une seule journée.
Pour les ménages, la facture est également lourde. Les alternatives de déplacement, rares et coûteuses, entraînent une hausse des dépenses de transport pouvant aller jusqu’à 20%, dans un contexte de pouvoir d’achat déjà sous pression.
Au-delà de la grève, l’épisode révèle une réalité structurelle : la mobilité reste un point de vulnérabilité majeur pour l’économie kinoise.
Sans mécanisme d’accompagnement ni concertation durable, chaque mesure de régulation risque de se traduire par un choc social et économique.
Flory MUSISWA























