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RDC : la FEC Haut-Katanga plaide pour une réforme urgente de la métrologie dans les secteurs stratégiques

À Lubumbashi, la question de la fiabilité des mesures s’impose désormais comme un enjeu économique majeur.
Réunis ce mercredi 27 mai 2026 à l’initiative de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) Haut-Katanga, les acteurs du secteur minier, les experts techniques, les représentants de l’Office Congolais de Contrôle (OCC) ainsi que les autorités provinciales ont insisté sur la nécessité de moderniser le cadre légal régissant la métrologie en République démocratique du Congo.
Organisé au Centre Hospitalier Tshisekedi Tshilombo autour du thème « La métrologie au service d’une exploitation minière durable », ce forum visait à sensibiliser les opérateurs économiques sur l’importance stratégique des mesures fiables dans les transactions commerciales, les activités industrielles et les investissements.
Pour Jean-Luc Mpoyo, Directeur provincial de la FEC Haut-Katanga, la métrologie ne peut plus être considérée comme une simple formalité administrative ou fiscale. Selon lui, elle constitue un levier essentiel de crédibilité économique et de sécurisation des investissements.

« Chaque tonne de cuivre et chaque gramme de cobalt produits dans le Haut-Katanga représentent des enjeux économiques considérables pour les entreprises comme pour l’État. Pourtant, la métrologie reste encore trop souvent réduite à une logique de perception des droits et taxes. », a-t-il déclaré.

Le responsable patronal estime que cette approche limitée a favorisé des divergences dans les pratiques de contrôle et des écarts de résultats qui fragilisent la confiance entre les entreprises et les services publics.
Dans une province largement portée par l’industrie extractive, la précision des mesures devient pourtant un impératif stratégique. La qualité des instruments de pesage, de calibration et de contrôle influence directement les exportations minières, les recettes publiques, la transparence commerciale ainsi que la compétitivité du pays sur les marchés internationaux.
Le Directeur provincial de l’OCC Haut-Katanga a rappelé que la métrologie constitue un pilier du développement économique moderne.
« Aucun pays ne peut prétendre au développement durable sans maîtriser l’exactitude des mesures dans les secteurs vitaux comme l’industrie, le commerce, la santé, la recherche ou encore l’environnement », a-t-il souligné.

Au-delà du secteur minier, les participants ont également évoqué l’importance de la métrologie dans le domaine médical.
Pour le Centre Hospitalier Tshisekedi Tshilombo, hôte du forum, la fiabilité des équipements de mesure reste essentielle pour garantir la qualité des diagnostics, la sécurité des patients et l’efficacité des traitements.
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le ministre provincial du Commerce et de l’Économie a exhorté les entreprises minières à renforcer la culture de la précision et du contrôle qualité. Selon lui, le Haut-Katanga doit devenir « l’avant-garde de la fiabilité des mesures » dans le cadre d’une exploitation minière responsable et durable.
Les échanges ont surtout mis en lumière l’obsolescence du cadre juridique actuel. Les intervenants ont rappelé que la législation congolaise sur la métrologie remonte encore à l’époque coloniale, alors même que les réalités technologiques et industrielles ont profondément évolué.
Une réforme jugée indispensable
L’histoire moderne de la métrologie en RDC débute officiellement en 1981 avec le lancement des premières activités par l’Office Congolais de Contrôle. Avant cette période, cette mission relevait du ministère de l’Économie et de l’Industrie.
En 1989, un accord de coopération avait été signé entre le Gouvernement congolais et l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel afin de renforcer les capacités techniques du pays dans ce domaine stratégique.
Les études réalisées à l’époque avaient révélé plusieurs insuffisances : manque de personnel qualifié, absence d’équipements adaptés et faibles capacités techniques de l’administration publique.
Ces constats avaient conduit, en avril 1990, au transfert officiel des activités techniques de métrologie à l’OCC. Dès 1991, l’établissement public avait lancé les opérations de métrologie légale ainsi que l’installation progressive de centres de contrôle dans les provinces.
Aujourd’hui, les dispositifs de vérification concernent notamment les balances commerciales, les pompes des stations-service, les camions-citernes, les équipements hospitaliers ainsi que plusieurs instruments utilisés dans les échanges économiques.
À travers ce forum, les opérateurs économiques du Haut-Katanga espèrent désormais voir émerger une réforme capable d’adapter la métrologie congolaise aux standards internationaux, afin de renforcer la transparence, la confiance des investisseurs et la gouvernance des secteurs stratégiques de l’économie nationale.
Nadine FULA
























