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RDC : La Suisse soutient la création d’un tribunal économique et financier

Dans un contexte où la gouvernance et la lutte contre la corruption conditionnent directement l’attractivité économique de la République Démocratique du Congo (RDC), la Suisse a réaffirmé, le lundi 12 janvier 2026, son soutien technique à la création d’un parquet spécialisé économique et financier. Cette initiative s’inscrit dans la volonté affichée du Gouvernement congolais de restaurer la confiance des investisseurs internationaux et de renforcer la transparence dans l’administration des affaires.
La Suisse a proposé d’apporter son expertise en matière judiciaire, financière et de digitalisation des services judiciaires outils jugés essentiels pour réduire la corruption et accroître la transparence des procédures. Cela inclut la formation de magistrats spécialisés et l’appui potentiel de grandes écoles polytechniques suisses dans la modernisation du système judiciaire.

Pour la Suisse, ce soutien s’inscrit dans une logique de partenariat technique et institutionnel transparent, visant à renforcer l’État de droit, consolider la lutte contre l’impunité et, à terme, attirer des investissements étrangers responsables et durables.
La RDC figure parmi les pays les plus corrompus au monde selon les indices internationaux. Elle se classe 163ème sur 180 pays avec un score d’environ 20/100 dans l’Indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International, bien en dessous de la moyenne mondiale.
Cette perception de la corruption alimente une méfiance persistante des investisseurs internationaux envers l’environnement des affaires congolais, notamment en raison du manque de transparence dans les marchés publics, des risques de pot-de-vin et de l’insécurité juridique.
Les statistiques récentes renseignent que la criminalité économique a pesé directement sur les flux d’investissements directs étrangers (IDE).
Entre 2018 et 2022, la RDC a enregistré une chute d’environ 40 % des IDE, avec seulement 1,2 milliard USD en 2022, et des secteurs clés tels que les industries minière et bancaire ont perdu quelque 250 millions USD par an en investissements potentiels face à la défiance des capitaux étrangers.
Les données de la CNUCED indiquent que les IDE ont totalisé 1,63 milliard USD en 2023, soit une baisse annuelle, et représentent environ 48,5 % du PIB du pays essentiellement dans le secteur extractif ce qui illustre le défi d’attirer des investissements diversifiés et durables dans un climat perçu comme risqué.
La mise en place d’un tribunal économique et financier est perçue comme une réponse institutionnelle à ces défis : spécialisé dans les crimes économiques, les détournements de fonds publics, le blanchiment d’argent et la fraude fiscale, il devrait améliorer la sécurité juridique, accélérer les procédures sensibles et renforcer la redevabilité des acteurs publics et privés.
Selon certains analystes, une lutte plus efficace contre la corruption est non seulement cruciale pour réduire les pertes fiscales (estimées à plus de 1,2 milliard USD par an à cause de fraudes et d’évasion fiscale) mais aussi pour renforcer l’attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers.

La détérioration de l’IPC et l’absence de sanctions crédibles ont souvent été pointées comme des freins majeurs à l’investissement en RDC, en particulier dans les secteurs non-miniers qui peinent à décoller faute de climat de confiance.
Olivier KAFORO
























